Recherche sur le site

Politique Archives N°61
Archives

Enseignement : l’électrochoc ?

LIESENBORGHS Jacques

À peine sortis (temporairement) de la saga des «inscriptions», nous voilà plongés dans les affres de l’austérité ! Travailler plus et travailler plus tard, voilà la «piste» qui devrait mobiliser les troupes et susciter des vocations… Voilà aussi de quoi détourner l’attention de la priorité des priorités : la guerre contre l’hécatombe scolaire. Et, pire, de rendre cet objectif encore plus difficile à atteindre. D’autant que la partie «enseignement» de la déclaration de politique communautaire de l’Olivier laisse pour le moins perplexe. Il s’agit certes d’un chapelet de bonnes intentions. C’est un texte très long tant sont nombreux les chantiers qui requièrent énergies et…moyens ! Un texte un peu confus où les trois partis de la majorité ont additionné leurs promesses de campagne. Sans hiérarchiser, sans trancher et sans budgéter ! Enfin, un texte qui inquiète tant il reprend à satiété des termes entendus et répétés depuis belle lurette (rémédiations, différenciation…). Ca sent le mauvais consensus mou. Seules une intensification notable du financement différencié et une politique favorisant l’excellence dans les écoles des quartiers défavorisés peuvent apporter des réponses aux impératifs démocratiques dans le champ de l’éducation et de la formation. Cela suppose que la politique ait enfin le courage de redistribuer les moyens (sans les raboter) et donc d’en retirer quelque part pour en consacrer nettement plus là où c’est indispensable. Gare aux débats périphériques dont les médias sont friands et qui, une fois de plus, feront passer l’enjeu principal à l’arrière plan. Un mot enfin du gaspillage colossal (humain et financier) que représentent les échecs en première année des enseignements supérieurs (de l’ordre de 60% en moyenne). Certains ont l’air de considérer que c’est une fatalité ! Un récent décret sur la «promotion de la réussite» indique bien que le problème est de taille. Mais, une fois de plus, les dispositifs et moyens envisagés, s’apparentent plus au cache-misère qu’au remède choc que la situation exige. À ce niveau aussi, il est grand temps de passer à des initiatives plus globales qui prennent sérieusement en compte tous les paramètres (orientation, accès au supérieur, pédagogie…). Alors, priorité à l’éducation et à la formation, comme ils disaient en chœur il y a peu ?

Mots-clés : Enseignement

En débattre ?

En tant qu'abonné-e à la revue papier, vous pouvez accéder directement à votre espace abonné-e et nous soumettre une réaction à un article (elle doit faire au minimum 3000 signes). Si la polémique est bien entendue admise et même encouragée, nous vous demandons de rester courtois, de ne pas recourir à l'injure et de rester dans le cadre du sujet. La rédaction se réserve le droit de supprimer un article qui ne respecterait pas ces règles.

Pour tout autre commentaire ou pour les non-abonné-e-s, n'hésitez pas à vous abonner ou à partager, réagir et commenter sur les réseaux sociaux.

Apportez votre contribution au débat

Vous devez être connecté pour contribuer au débat. Vous n'êtes pas abonné ? Abonnez-vous ici. Plusieurs formules d'abonnement vous sont proposées. Vous êtes abonné ? Connectez-vous sur cette page avec vos identifiant et mot de passe.