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Politique Archives N°87
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Face à une droite atomique et fossile

Rédaction

Le programme du gouvernement de droite conduit par Charles Michel stipule que les centrales nucléaires de Doel 1 et Doel 2 seront maintenues pour dix années supplémentaires, jusqu’en 2025. Les partis de la coalition reviennent ainsi sur la décision antérieure de les fermer en 2015. En outre, la porte est ouverte pour la création d’une toute nouvelle centrale sur le territoire belge. La sortie du nucléaire est remise aux calendes grecques. En parallèle, ce gouvernement prévoit de « réviser les mécanismes de soutien des énergies renouvelables conformément aux lignes directrices de la Commission européenne »… C’est-à- dire de les réduire, comme l’a demandé le lobby des plus grands producteurs européens d’électricité. Le texte dit que « cette implémentation contribuera entre autres à une meilleure intégration des énergies renouvelables dans le marché » : c’est plutôt de « désintégration » qu’il s’agit… Face à la menace qui pèse sur l’approvisionnement en courant, la nouvelle équipe dit vouloir « prendre des mesures en vue d’éviter la mise hors service d’unités de production conventionnelles, comme le gaz et la cogénération, qui ne sont pas encore en fin de vie ». Mais attention : l’évitement en question devra se faire « d’une manière rentable »… Comme c’est au nom de la rentabilité que ces unités ont été fermées, de deux choses l’une : soit elles ne seront pas remises en route, soit leurs propriétaires seront indemnisés pour le manque à gagner… Le chapitre énergie de ce gouvernement est tout simplement imbuvable. Alors que s’amorce une riposte syndicale contre l’austérité, on ne soulignera jamais assez qu’une transition énergétique digne de ce nom nécessite impérativement le partage des richesses, la création massive d’emplois et un rôle majeur pour l’investissement public. Face à une droite atomique et fossile, pourquoi le mouvement syndical n’aurait-il pas l’audace de mettre en avant une alternative concrète, sociale et écologique ? En répondant à la fois à la nécessité vitale d’éviter une énorme catastrophe et aux besoins sociaux, une telle alternative pourrait rapidement acquérir une légitimité indestructible…

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