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Politique Chroniques
Chroniques

La fin du «Berlusconisme»?

Hugues LE PAIGE

Rarement une campagne électorale italienne aura été aussi virulente. Jamais elle n’aura volé aussi bas. Enormités en tous genres, pitreries, insultes, sans oublier un véritable envahissement des plateaux de télévision: aux abois, Silvio Berlusconi aura été la caricature de lui-même. Cependant, même si les sondages le donnent perdant, rien n’est totalement joué. Finalement le phénomène Berlusconi est plus complexe que l’image qu’il en donne lui-même, plus subtil que la plupart des dénonciations qu’en font ses adversaires ou de simples observateurs. Certes il y a ce point cardinal, cette anomalie mondiale, du moins en démocratie : la conjonction sans fard et sans limite des pouvoirs économiques, politiques et médiatiques. Ce contrôle quasi absolu de la télévision publique et privée, d’une large partie de la presse, d’une grande part du secteur de l’édition sans oublier celui de la production et de la distribution cinématographique. Berlusconi a voulu transformer l’Italie en une immense émission de télé-réalité permanente. Son pouvoir est exorbitant et il en a fait un usage abusif, notamment par le vote de lois sur mesure pour éviter les ennuis judiciaires qui le menaçaient. Bien sûr l’homme qui a crée le parti-entreprise sur la vague de l’ultralibéralisme des années 90 et sur fond d’une crise institutionnelle sans précédent a fait rêver les Italiens. Jouant sur le discrédit des partis politiques, et plus largement de la politique elle-même, il a gagné deux fois les élections. Aujourd’hui, le rêve a fait long feu. L’image de l’Italie est catastrophique. La situation économique est mauvaise et Berlusconi n’a pas tenu ses promesses démagogiques. Logiquement il devrait perdre les élections même si la coalition de centre-gauche, hétéroclite et timide, peine à présenter une alternative enthousiasmante. Logiquement, si du moins les ondes de choc de cette «anomalie italienne» ne produisent pas encore quelques effets pervers. Dans son dernier film, «Le Caïman» qui évoque Berlusconi et qui vient de sortir en Italie, Nanni Moretti à cette phrase terrible: «De toute manière il a déjà gagné. Depuis trente ans ses télévisions ont lavé nos cerveaux». Il est vrai que Moretti nous dit aussi que son film est d’abord une fiction…

Journaliste-réalisateur, membre du collectif éditorial de "Politique"

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