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Politique Archives N°97
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Franc-maçonnerie, portrait de groupe (introduction)

Rédaction

Tout a été écrit, ou presque, sur la francmaçonnerie. Effet de loupe paradoxal pour une institution tricentenaire dont la discrétion est une des pierres angulaires. Et ce constat ne s’applique pas qu’à l’écrit. Les temples maçonniques s’ouvrent aux profanes, aussi bien pour des visites patrimoniales que pour des conférences ouvertes, les « tenues blanches ». Et contrairement à une idée reçue, être initié est à la portée de tout candidat un peu motivé. Malgré cela, la franc-maçonnerie reste une institution mystérieuse. Le secret, une clé de voûte de l’expérience maçonnique, suscite la méfiance. Se cacher en totalité ou en partie implique forcément, dans l’esprit de nombreuses personnes, une volonté de dissimuler certaines choses.Tenter de radiographier une organisation présente en Belgique depuis près de trois siècles et qui, de différentes manières, a contribué à son histoire politique, sociale et spirituelle est un exercice difficile. Comment ne pas recycler les nombreux dossiers qui lui ont déjà été consacrés. La franc-maçonnerie est un sujet complexe. Pour le pénétrer, tout en restant dans une éthique de l’analyse, il fallait sortir des champs déjà labourés. En offrant nos colonnes tant à des non maçons qu’à des maçons, ceux-ci venant plutôt « de la base », par opposition aux figures de proue médiatiques que l’on retrouve dans tous les «marronniers». Remarque importante : nous avons accepté certaines contributions anonymes afin de respecter le secret de l’appartenance des auteurs. Le choix éditorial peut déranger, mais il était incontournable si nous voulions découvrir un peu plus les couches profondes de la franc-maçonnerie. Ce choix dit évidemment quelque chose de l’institution qui l’alimente. Dans un portrait de famille, François Perl esquisse le paysage global de la franc-maçonnerie belge en insistant particulièrement sur les relations de l’institution avec le monde politique, sujet récurrent de fantasme… Se présentant comme des maçons « de terrain », YD et AVK, loin de certaines idées préconçues qui font de tous les initiés des laïques radicaux, dépeignent avec nuance les fractures qui traversent la franc-maçonnerie au sujet de la laïcité. La question de la diversité semble beaucoup questionner les maçons. Saladin l’aborde sous le prisme de la diversité idéologique. Loin d’être monolithique, la franc-maçonnerie accueille en son sein des femmes et des hommes d’horizons souvent très divers. Pour le meilleur comme pour le pire. Pour OP, la question de la diversité des genres ne se résume pas en une opposition binaire masculin/féminin alors que Louise Michel s’interroge sur la légitimité à débattre et surtout à prendre position sur les affaires du monde pour une institution qui ne parvient toujours pas à régler la question de l’égalité des genres en son sein. Jiri Pragman traite de la question de l’antimaçonnisme qui, loin de disparaître, reste bien vivace et s’inscrit dans le développement inquiétant des phénomènes complotistes. Cette persistance de l’antimaçonnisme n’empêche cependant pas le dialogue. Michaël Privot apporte un éclairage sur les difficiles relations entre maçonnerie et islam et conclut à la nécessité d’une paix des braves alors qu’Éric de Beukelaer, tout en rappelant les antagonismes historiques et philosophiques entre le catholicisme et la francmaçonnerie, décrit les pistes de convergences entre ces deux mondes que tout semblait pourtant opposer. Le scepticisme est de mise chez Georges Bauherz, qui, prenant le contrepied de tous les autres auteurs, s’interroge sur l’intérêt que trouvent les maçons à se réunir. Jean Cornil apporte quelques éléments de réponses à cette question en rappelant que la franc-maçonnerie est avant tout une démarche philosophique. Démarche qui, comme le rappelle Eliot Huisman, peut mener à des actions concrètes dans le monde profane qui, si elles ne le changeront pas, pourraient au moins contribuer à le rendre un tout petit peu meilleur. Enfin, Olivier Guilmain décrit une franc-maçonnerie à la croisée des chemins entre agent propagateur d’utopie et outil de reproduction sociale.

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