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Danemark

Partis politiques

Un de moins ! Au Danemark, le parti La Nouvelle Droite, libertarien, anti-islam et partisan d’un « Dexit » (la sortie du Danemark de l’UE), a été dissout début janvier par son leader et co-fondateur, Pernille Vermund. 

23.02.2024

Norvège

Écologie

En Norvège, le désormais classique dilemme entre fin du monde et fin du mois prend une tournure particulière, entre bifurcation écologique et respect des droits des peuples autochtones. Une vingtaine d’activistes ont vu des charges être retenues contre eux après avoir été arrêtés devant les bureaux du gouvernement norvégien. Ces activistes protestaient contre l’activité de ce qui constitue la plus grande centrale éolienne d’Europe, située au centre de la Norvège, à 450 kilomètres au Nord d’Oslo. La Cour Suprême norvégienne avait en effet considéré, en octobre 2021, que la construction des turbines avait violé les droits de la population Sami – ce peuple autochtone installé dans les contrées arctiques de Norvège, Suède, Finlande et du nord-ouest de la Russie – qui utilisait ce territoire depuis des siècles pour l’élevage de rennes.

23.02.2024

France

Migrations

Après un parcours législatif chaotique, la loi française sur l’immigration a finalement été adoptée sans la totalité des voix des députés du parti présidentiel mais – fait exceptionnel dans l’histoire de la 5e République – avec l’appui des voix du Rassemblement National. Les élu.e.s du RN ont justifié ce soutien en clamant qu’ils et elles voyaient dans ce texte – non sans de bonnes raisons – la première inscription dans le droit français du principe de la « préférence nationale » dont ils ont fait leur cheval de bataille depuis très longtemps. Le principal promoteur du texte, Gérald Darmanin, le présente en disant qu’il est « gentil avec les gentils et méchants avec les méchants », cherchant par cette simplification à établir une distinction entre les migrants méritants et les autres. Dans les faits, ce texte combine un ensemble de petites mesures vexatoires, dont les effets seront très peu visibles pour les citoyen.ne.s français.es et qui n’altèreront pas significativement les flux migratoires à destination de la France – mais qui précariseront plus encore la situation administrative des exilé.e.s : durcissement des conditions pour l’obtention de la nationalité, pour le rassemblement familial ou pour l’obtention d’un visa étudiant, allégement et accélération de la procédure d’examen des demandes d’asile, allongement des délais d’accès aux aides sociales, restriction accrue de l’accès aux dispositifs d’hébergement d’urgence et aux soins de santé, etc. Sans être une révolution, ce texte est un sérieux coup porté aux droits fondamentaux des migrant.e.s. Cela étant dit, près d’un tiers des articles du texte (35 sur 86) ont été censurés par le Conseil Constitutionnel. Il s’agit essentiellement des articles rajoutés au texte par les parlementaires de l’opposition de droite. Le Conseil Constitutionnel s’est abstenu de se prononcer sur le fond des articles mais a fait valoir que les points censurés étaient sans lien avec la loi initiale et s’apparentaient donc à des « cavaliers législatifs » – une pratique qui consiste à insérer des mesures législatives dans des textes qui n’ont rien à voir avec ceux-ci et qui est considérée inconstitutionnelle en France. In fine, la loi immigration se révèle donc être moins corrosive qu’annoncée pour les droits fondamentaux des migrant.e.s mais cela se paie en retour d’un lourd discrédit du contrôle de constitutionnalité – instrumentalisé en l’occurrence par Macron –  auprès de toute une partie de l’opinion publique.

23.02.2024

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Portugal

Élections

L’extrême droite, encore ? Le Portugal, comme son voisin espagnol, avait longtemps fait figure d’exception dans le paysage européen, pour l’absence de parti d’extrême droite d’envergure. Cette exception était attribuée, là aussi, à la mémoire historique de la dictature. Cependant, depuis 2019, le parti Chega, au doux slogan de « Dieu, patrie, famille et travail » est venu contredire la règle. Ayant obtenu 7% des voix et 12 sièges lors des élections législatives, il est désormais crédité, dans les sondages, d’un score de 15% pour les élections législatives anticipées prévues en mars 2024.

23.02.2024

Pays-Bas

Vie politique

Sorti largement vainqueur des dernières élections législatives en novembre dernier avec 23,50% des voix et 37 sièges sur 150, le parti d’extrême droite (Parti pour la liberté, PVV) avait la tâche délicate de former un gouvernement de coalition dont son leader, Geert Wilders, se voyait déjà Premier ministre. Les choses se sont néanmoins compliquées ce 6 février après la décision du nouveau parti centrise emmené par Pieter Omtzigt (Nouveau contrat social, NSC) de se retirer de se retirer de la table des négociations, laissant le PVV dans l’incapacité de former un gouvernement majoritaire. Est-ce à dire qu’un retour aux élections constituerait une éclaircie ? Rien n’est moins sûr, alors que certains sondages annoncent un renforcement ultérieur de l’extrême droite. Mais il n’est pas impossible de voir les rayons du soleil percer cet épais brouillard, sachant que les sondages avaient brillé par leur imprécision lors du dernier rendez-vous électoral…

23.02.2024

Bruxelles

Union européenne

Perspectives budgétaires. Un nouveau vent d’austérité souffle sur l’Europe. Le Vieux Continent a décidément la mémoire courte. Malgré les dégâts causés par les mesures d’austérité adoptées lors de la crise de la zone euro (2010-2013), le Conseil européen propose un plan de réduction des dépenses publiques équivalant à 100 milliards d’euros, qui pourrait entrer en vigueur l’année prochaine et toucherait principalement la France, l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne et… la Belgique. Alors que l’écart se creuse entre la croissance des deux côtés de l’Atlantique, et alors que les défis soulevés par le changement climatique et la conjoncture économique internationale demandent des investissements publics massifs, l’Europe reste prisonnière de ses asymétries internes et de son obsession pour l’équilibre budgétaire.

Europe sociale. Par ailleurs, la France a encore fait capoté l’accord trouvé au Conseil, sous présidence espagnole, pour avancer sur la Directive relative à l’amélioration des conditions de travail pour les travailleurs de plateforme. La France de Macron s’est montrée, depuis le début du processus, hostile à l’inscription dans le droit européen d’une présomption de salariat pour les travailleurs de plateforme, ce qui permettrait de limiter l’exploitation des travailleurs par les plateformes qui refusent de financer leur protection sociale. Le risque est désormais de voir l’adoption d’un texte très dilué, dépourvu de toute présomption effective pouvant garantir des droits sociaux à l’échelle européenne, et ouvrant la voie à des pratiques de dumping social par Deliveroo pour décourager toute velléité de réforme au niveau national.

23.02.2024

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Allemagne

Vie politique

La société allemande se dresse contre l’extrême droite. Suite à des révélations concernant un plan ourdi par l’AfD, le parti d’extrême droite allemand, de procéder à des expulsions massives de personnes étrangères ou d’origine étrangère, plus de 1,4 millions de personnes ont manifesté dans plusieurs dizaines de villes allemandes, le week-end du 20 et 21 janvier. Ce sursaut intervient alors que les nuages s’accumulent : l’AfD caracole dans les sondages tandis que la popularité du gouvernement de centre-gauche au pouvoir est au plus bas et que les autres partis se divisent face à cette montée de l’extrême droite, notamment la droite conservatrice (CDU) et la gauche radicale (Die Linke), cette dernière ayant enregistré récemment le départ tonitruant de Sahra Wagenknecht au profit d’un nouveau projet politique aux accents souverainistes (voir météo précédente).

23.02.2024

Ukraine

Société

Outre les affres du conflit, les gauches ukrainiennes subissent les offensives de la droite et de l’extrême droite. Après avoir reçu des menaces de la part de membres du groupe Tradition et Ordre, le musée national d’art d’Odessa a ainsi annoncé l’annulation d’une exposition de David Chichkan dont l’ouverture était prévue le 21 janvier et qui présentait des portraits de soldats des forces armées ukrainiennes affichant des opinions politiques de gauche. Par ailleurs, un projet de réforme du Code du travail, écrit sans la participation des organisations syndicales, pourrait être adopté cette année et entrer en vigueur en 2025. Celui-ci perpétuerait plusieurs restrictions « temporaires » des droits telles que le licenciement pour divulgation de secrets commerciaux, la journée de travail de 12 heures ou l’interruption inattendue des vacances. Ces dynamiques montrent l’urgence, pour les gauches ukrainiennes, de s’organiser pour peser sur les contours de la société ukrainienne post-conflit : en ce sens, la création récente de l’Alliance de la Gauche Verte d’Europe centrale et orientale, représente une timide éclaircie.

23.02.2024

Serbie

Vie politique

Retour de la violence et raidissement du régime. La société civile serbe est en alerte. Les tueries de masse auxquelles le pays a été confronté au mois de mai ont déclenché des manifestations qui se poursuivent encore actuellement. Celles-ci réclament la chute du régime du président Aleksandar Vucic pour l’échec de la gestion de cette crise sociale, la corruption et ses liens étroits avec les réseaux criminels et mafieux du pays. En parallèle, les relations avec le Kosovo virent à l’orage, après l’attaque perpétrée en septembre au Monastère de Banjska, au Kosovo. Une trentaine d’hommes serbes lourdement armés se cachant dans l’enceinte du monastère ont ouvert le feu sur la police kosovare, causant la mort d’un policier kosovar albanais et de trois assaillants serbes. Tandis qu’Aleksandar Vucic nie ouvertement l’implication de son gouvernement dans cette attaque, l’enquête a dévoilé la présence de Milan Radoicic, le leader du parti politique Srpska lista, représentant les intérêts des Serbes du Kosovo et appuyé par Belgrade. Sous le poids des critiques de l’opposition et du soulèvement citoyen, le président a annoncé l’organisation d’élections anticipées prévues potentiellement en décembre. Celles-ci présentent tous les traits d’une caution pseudo-démocratique avant que l’opinion publique ne tourne définitivement en sa défaveur, alors même que le régime tente de faire passer une proposition de loi qui lui permettrait de prendre le contrôle complet sur les médias et cherche à acheter sa réélection avec, notamment, le versement de 20 000 dinars (170 euros) aux pensionnés.

04.12.2023

Slovaquie

Élections

Les élections législatives du 30 septembre en Slovaquie ont vu le parti emmené par Roberto Fico arriver en tête, annonçant le retour au pouvoir du tribun qui avait gouverné le pays pendant douze longues années mais avait été donné pour mort politiquement, en raison de ses nombreuses inculpations pour des affaires de corruption. Nationaliste et pro-russe, son retour aux affaires est accueilli très favorablement par le voisin hongrois, toujours dirigé par Viktor Orbán. Seule la victoire de Donald Tusk lors des élections polonaises, très maigre consolation pour la gauche, empêche que ne se crée un solide axe illibéral et anti-ukrainien sur le flanc Est de l’Union européenne…

04.12.2023

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Pologne

Élections

Une défaite électorale pour la droite conservatrice. Comme le laissait présager la dernière météo, une embellie se dessine dans le paysage politique polonais. La droite conservatrice, incarnée par le parti Droit et Justice (PiS) a subi une défaite aux élections législatives du 15 octobre, perdant une trentaine de sièges au profit d’une coalition progressiste composée de libéraux, écologistes (alliés au sein de la Coalition civique, KO), agrariens et sociaux-démocrates. La Nouvelle gauche sociale-démocrate a reculé au scrutin mais devrait faire, pour la première fois depuis 2005, partie du prochain exécutif.

04.12.2023

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Islande

Féminisme

L’Islande confirme son statut de microclimat particulièrement favorable à l’avancée des droits des femmes. Alors même que l’île a été classée première en matière d’égalité de genre pour la quatorzième année consécutive par le World Economic Forum, des dizaines de milliers de femmes, dont la première ministre Katrín Jakobsdóttir, se sont mises en grève le 24 octobre. Cessant tout travail salarié et domestique, elles entendaient attirer l’attention sur les progrès qui restent à accomplir en matière d’écarts salariaux et de violences faites aux femmes. Cette journée d’action rappelle celle de 1975 où 90% des femmes salariées avait arrêté le travail, lançant le mouvement d’émancipation des femmes dans le pays.    

04.12.2023

Italie

Vie politique

Les observateurs de la vie politique italienne y sont désormais habitués : le brouillard qui y règne est digne de celui qui enveloppe les habitants de la plaine du Pô. L’extrême droite au pouvoir, emmenée par Giorgia Meloni, est parvenue à réaliser une synthèse idéologique particulièrement efficace, associant libéralisme économique, conservatisme social et atlantisme forcené. Ainsi, le gouvernement ébranle les fondements antifascistes de la société italienne, s’attaque aux minorités et aux pauvres, tout en rassurant les marchés, les partenaires européens et l’OTAN. En parallèle, la tentative courageuse de la nouvelle secrétaire du Parti démocrate, Elly Schlein, de tirer ce mastodonte vers la gauche se heurte à la résistance interne de ses barons. Quando si dice : « piove sul bagnato »…  

04.12.2023

Grèce

Partis politiques

La parabole du « populisme de gauche » n’en finit pas de dérouter les observateurs. Alors que Syriza avait nettement perdu les dernières élections législatives au profit de la droite, la bataille pour la succession d’Alexis Tsipras à la tête du parti a pris un tour inattendu, concrétisé lors du vote des adhérents le 24 septembre. À la surprise générale, ces derniers ont choisi Stefanos Kasselakis, ancien membre de Goldman Sachs et parfait inconnu au sein du parti au moment de sa candidature. Jeune, fin communiquant, affichant ouvertement son homosexualité – ce qui détonne dans une société grecque encore très conservatrice – son positionnement reste une inconnue sur bien des points, en particulier sur le plan socio-économique. En optant pour un Macron grec, Syriza parachève sa trajectoire qui l’a vu passer d’une force de gauche radicale convaincante à un parti de gouvernement lisse et pragmatiste. Reste-t-il encore quelque chose du David qui avait affronté le Goliath européen en pleine tempête de la zone euro ?

04.12.2023

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Espagne

Élections

Le gouvernement Sánchez 2.0 est né ce 15 novembre. Alors que les résultats des dernières élections régionales avaient laissé présager le pire – en débouchant notamment sur des coalitions gouvernementales entre la droite et l’extrême droite – les élections législatives de juillet ont interrompu cette tendance. Après leurs bons résultats, le PSOE (parti de centre-gauche) et Sumar (coalition de gauche radicale) ont trouvé un accord, le 24 octobre, pour gouverner ensemble. Après plusieurs semaines de négociations, ils sont parvenus à  convaincre les forces indépendantistes basques et catalanes de soutenir la formation de ce gouvernement, contre la promesse d’une amnistie pour les initiateurs du référendum catalan. Le nouveau mandat de Pedro Sanchez commence cependant dans une atmosphère orageuse : la droite et l’extrême droite, vent debout contre l’amnistie, multiplient les appels à manifester et les déclarations incendiaires.

04.12.2023

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Luxembourg

Élections

Des résultats en demi-teinte. Aucun anticyclone ne semble protéger les performances électorales des gauches luxembourgeoises. Si le parti socialiste engrange une courte progression et gagne un siège, les verts et la gauche radicale sont en net recul : les premiers perdent 5 sièges, les seconds 2,5 points de pourcent. Ces partis totalisent, ensemble, à peine 17 des 60 sièges disponibles… la révolution attendra.

04.12.2023

Suisse

Élections

Défaite des écologistes. Au lendemain des élections fédérales du 22 octobre – qui ont enregistré un taux de participation de 46,6%, bien en-deçà des votations trimestrielles – les collines suisses sont un peu moins vertes. Après une campagne marquée par le thème de l’immigration et, dans une moindre mesure, du pouvoir d’achat, les Verts enregistrent un net recul (ils perdent 3,8% des voix et 5 sièges), ce qui exclut leur entrée au gouvernement fédéral, toujours dominé par l’UDC, premier parti de la Confédération avec 28,6% des voix. Par ailleurs, le parti suisse du Travail et solidaritéS (gauches radicales), qui avaient chacun un siège, l’ont perdu. Pour la première fois depuis 1943, aucune formation de gauche radicale n’a décroché la moindre représentation parlementaire.

04.12.2023