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Chômage : casse-tête insoluble pour les Régions ?

Actiris, le Forem ou le VDA B seront désormais chargés du contrôle de la disponibilité des chômeurs. En plus de s’occuper de leur accompagnement. Une source de confusion ou une opportunité ?

À force d’en parler, on avait fini par croire que cela n’arriverait jamais. Depuis le 1er juillet 2014, les Régions sont en effet compétentes pour le contrôle de la disponibilité des chômeurs. Pour rappel, les entités fédérées étaient déjà en charge de l’accompagnement des demandeurs d’emploi. Il s’agissait de les aider dans leurs tentatives de trouver un travail. Dorénavant, elles devront aussi vérifier qu’ils cherchent effectivement du boulot. Une compétence jusqu’ici dévolue à l’Onem, situé du côté fédéral de la force.

La marge de manœuvre des services régionaux pourrait être limitée. Ne risquent-ils pas de se retrouver en position de simples exécutants de règles décidées par le fédéral ?

Le transfert a été officialisé par la déclaration de politique générale du gouvernement Di Rupo, en 2011. Mais le sujet flottait dans l’air depuis des années déjà. Et ne manquait pas de faire jaser. C’est que les enjeux sont nombreux. Quoique… Il semble que ce soient toujours les mêmes qui reviennent sur la table. Parmi eux, la crainte d’une confusion des rôles. Dans les faits, c’est effectivement aux services régionaux de l’emploi qu’il reviendra de contrôler la disponibilité des chômeurs. Alors que ce sont déjà eux qui sont chargés de l’accompagnement. Il leur faudra donc manier la carotte et le bâton. Pas sûr que cette nouvelle situation aide les chômeurs à y voir plus clair dans un système déjà bien confus avant transfert. Services régionaux, Onem, syndicats : pour beaucoup de demandeurs d’emploi, les différents rôles de ces intervenants n’ont jamais été vraiment clairs. « Cela n’a jamais été facile, mais on pouvait tout de même clarifier les choses puisque les rôles étaient distincts. Et une certaine relation de confiance pouvait exister entre les chômeurs et les services régionaux de l’emploi chargés de les accompagner. Aujourd’hui, avec cette nouvelle situation, cela va être très compliqué », déplore Yves Martens, porte-parole du Réseau bruxellois de collectifs de chômeurs. Détail piquant : ce type de débat n’est pas nouveau. Il avait déjà eu lieu avant… 19