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Politique Actu N°119
Actu

Les dés sont-ils toujours pipés ?

Pierre ANSAY

Les débats dits démocratiques de nos démocraties parlementaires le sont-ils vraiment ? Les (profondes) inégalités entre les différents acteurs du jeu démocratique tout comme les formats de délibération collective – qui sont soit aseptisés, rendant impossible de vrais confrontations d’idées, soit, à l’inverse, centrés sur le pugilat discursif au détriment de l’émergence d’arguments rationnels – tendent à montrer qu’il n’en est rien.

Cet article a paru dans le n°119 de Politique (mai 2022).

Est-ce que le débat démocratique emprunte des traits de ressemblance avec ce que le philosophe Habermas nomme la délibération démocratique1 ? Pour qu’une délibération soit démocratique au sein d’une société dite démocratique, il faut qu’opèrent pratiquement quatre principes qui organisent l’échange des paroles : l’autonomie des acteurs, l’égalité des citoyens, la liberté de parole des locuteurs et la solidarité entre coopérateurs. L’interlocution, c’est-à-dire l’échange de discours entre les acteurs, doit accoucher d’une solution positive et satisfaisante pour toutes les parties qui doivent coopérer dans le travail, dans l’accouchement d’une solution qui résulte d’un cheminement coopératif parfois erratique, ce qui nécessite des balises connues et respectées par tous. Les acteurs en prise au débat se doivent d’observer des règles, respecter des procédures, ne pas falsifier les faits et aboutir à une résolution commune. Cet idyllique tableau philosophique semble dépeindre un club de lords anglais discutant, avec humour compassé, des mérites respectifs de leur chenil avant le départ de la chasse à courre.

Le combat démocratique au lieu du débat

Mais l’arène politique est loin du compte. Trop souvent, « les débats, dont les médias nous abreuvent, fonctionnent régulièrement comme un jeu de gladiateurs, avec des perdants et des gagnants, un jeu agonistique, où il s’agit d’abord d’affaiblir sa proie, de montrer sa force, de mettre l’autre en difficulté, de se mettre en scène favorablement… plutôt que de rechercher collectivement la meilleure analyse ou la meilleure solution possible2 ». Certains acteurs sont des porte-parole stipendiés, diverses inégalités faussent les règles du jeu et pire, la liberté de parole est menacée par diverses procédures de rétorsion. L’autre, le contradicteur, devient une proie à détruire, voire un objet à séduire et à réduire, il n’est plus considéré comme un sujet capable d’argumenter et de délibérer. Le débat dit démocratique s’écarte alors des délibérations démocratiques, c’est un rapport de force langagier, certes régulé par des normes, mais où bien des coups fourrés sont permis.

Les acteurs en place ne sont pas animés de ce que le philosophe Michel Foucault nommait d’un terme grec, la parrhesia, le courage de tout dire, le courage de dire, quoiqu’il en coûte, la vérité et d’en accepter les contraintes. Et dire la vérité, c’est ouvrir le débat et s’ouvrir à la confrontation. La parrhesia dans l’épure théorique, c’est un droit qui permet à l’homme politique de participer activement au gouvernement de la cité et d’emporter l’adhésion de ses concitoyens par la franchise de son discours. Elle s’oppose au propos démagogique et populiste qui flatte le peuple et dit ce que le peuple a envie qu’on lui dise. Ainsi, la réalité opère une glissade de la figure philosophique épurée de la délibération vers la réalité rugueuse du débat qui dégénère en combat.

Pratiques de véridiction et violence symbolique

À côté de la parrhesia et du dire-vrai du prophète, de l’enseignant ou du sage, M. Foucault ajoute un autre mode d’expression et de fabrication du vrai : « Le marché constitue un lieu de “véridiction”, je veux dire un lieu de vérification-falsification pour la pratique gouvernementale (…) c’est le marché qui va faire que le gouvernement maintenant pour pouvoir être un bon gouvernement devra fonctionner à la vérité.3 » Les véridictions constituent un régime de production de la vérité qui détermine, dans un discours, ce qui sera considéré comme vrai ou faux, en fonction de paramètres souvent soustraits à la discussion. La vérité/fausseté dépend de processus validés en amont par diverses procédures à prétention scientifique, ainsi personne ne devrait contester la nocivité de la dette publique, de « ça », on ne discute pas. Chaque société possède son propre régime de vérité qui détermine autant de tabous soustraits à la prétendue conversation démocratique : « Les types de discours qu’elle accueille et fait fonctionner comme vrais ; les mécanismes et les instances qui permettent de distinguer les énoncés vrais ou faux, la manière dont on sanctionne les uns et les autres ; les techniques et les procédures qui sont valorisées pour l’obtention de la vérité ; le statut de ceux qui ont la charge de dire ce qui fonctionne comme vrai.4 »

Dans le pugilat démocratique, des règles, parfois non écrites, sous-entendues, forçant le consensus, déterminent à l’avance les énoncés qui seront recevables, susceptibles d’être testés comme vrai ou faux ; certains ne passeront pas la barre et seront écartés des débats, et d’autres, a priori, seront imposés comme des évidences indiscutables qu’il serait malséant de vouloir discuter. À côté des arènes parlementaires, certaines associations sont organisées pour la célébration renouvelée de dogmes indiscutables, de véritables opérateurs chirurgicaux qui fabriquent « notre vérité », désignent « nos ennemis », et démontrent « notre bien-fondé » par des affirmations brutales onctueusement approuvées par les assemblées générales annuelles béni-oui-oui. De puissantes hosties de sens vrai sont distribuées qui renouvellent l’adhésion des membres à une idéologie qui travestit en universel des visées particulières intéressées.

Opèrent alors divers coups de force que Pierre Bourdieu a nommé du concept de violence symbolique. Quand un dominant exerce cette violence, le dominé se laisse capter/captiver et participe activement à sa propre domination. La violence symbolique requiert la participation active de celui qui va se faire avoir, il faut qu’il se montre complice de celui qui le prend pour cible. « La violence symbolique, écrit Bourdieu, est cette coercition qui ne s’institue que par l’intermédiaire de l’adhésion que le dominé ne peut manquer d’accorder au dominant, lorsqu’il ne dispose, pour le penser et pour se penser ou mieux, pour penser sa relation avec lui, que d’instruments qu’il a en commun avec lui.5 » Le statut social élevé du locuteur apporte un surplus de véridiction à l’intervenant. Ainsi le notable à la ville devenu notable à l’assoc’, verra ses assertions accueillies dans un silence compassé, respectueux et de bon aloi, même s’il énonce une ânerie et le petit jeune, fraîchement impétrant, voire même, plus inquiétant et genré, la nouvelle arrivée, de condition sociale modeste, ne seront même pas entendus. Ainsi se fabriquent, logées dans une fiesta débatto-démocratique et validées par l’onction probative des notoriétés, de nouvelles apparitions de la vérité sociale jaillie de l’escrime argumentative. Le vrai n’est plus une grandeur de nature, mais, selon les mots de Pascal, une grandeur d’établissement.

Petites mains et pratiques de sidération

Ce qui est proposé comme discussion démocratique est piégeant, et prend souvent la forme d’une contrainte inexorable, d’une alternative infernale. Voulez-vous stopper la vente d’armes à la Libye ? Alors, autant d’emplois détruits à telle usine d’armements ! Voulez-vous réduire les vols de nuit dans tel aéroport ? Autant de pertes d’emplois ! Voulez-vous édicter, au nom du principe de précaution, un moratoire sur les OGM ? Vous allez saboter le progrès scientifique et provoquer des famines dans le tiers-monde ! Ces alternatives instaurent des terrains de confrontation où c’est chaque fois le dominant qui décide du lieu, des modalités et du tempo de la confrontation. La politique se mue en interventions d’experts technocratiques qui débattront en enceinte fermée, sans solliciter les débats citoyens. Mais qui fabrique, se demande la philosophe Isabelle Stengers6, ces alternatives infernales ? Si le capitalisme est un processus sans sujet, si « capitaliste » convient mieux que capitalisme, pour caractériser des sociétés où dominent des marchés capitalistes, il faut repérer des flux réorganisateurs mouvants.

Il n’y a pas de grands conspirateurs, de gigantesques montreurs de marionnettes, mais une armée innombrable de petites mains qui fabriquent les arguments de notre impuissance et nous égarent au milieu des réalistes ou dans le coin des doux rêveurs. Ces gens-là fabriquent notre incapacité à agir dès qu’on les écoute sans soumettre leurs verdicts à un travail de pensée critique, ils nous ont à l’esbroufe, à la culpabilité. Ils se parent de la lucidité de l’ici et maintenant. Ces petites mains ne cessent de recruter dans les écoles supérieures de commerce et dans les facultés d’économie. « La dette publique est un mal, les Grecs ont vécu au-dessus de leurs moyens », traduction pour les odieux réalistes éveillés : « L’État doit laisser au marché certains secteurs qui creusent le déficit public », juteuse conclusion incontestée ouvrant de nouvelles plages de profit. Toute personne qui s’y opposerait serait taxée d’ignorantisme ou de visions à courte vue. Et que fabriquent-elles pour l’essentiel, ces alternatives infernales qui se présentent dans le jeu de langage7 de dilemmes incontournables ? Quelle que soit la branche choisie dans le piège qu’ils nous tendent, nous sommes vaincus d’avance : soit, nous sommes contraints de suivre leur proposition au nom du réalisme, soit, nous sommes des utopistes, des doux rêveurs dangereux pour l’emploi. Ils nous ont au mépris certes, mais aussi à la culpabilité : « Vous prétendez être généreux ? Vous aimez les populations africaines ? Comment dès lors osez-vous vous opposer à nos nouvelles médications ? ». On se fait avoir.

Ainsi, des fonds de pension privés : la gauche a laissé le capitalisme mettre sa main sur les épargnes collectives gérées par la collectivité. Au lieu de cotisations consenties par les travailleurs actifs pour constituer les pensions des travailleurs à la retraite, ce qui a constitué, dès le XIXe s., une victoire du mouvement ouvrier, les petites mains du capitalisme constituent des fonds de pension privés tenus par des actionnaires rapaces, souvent américains, qui réclament un « retour sur investissement » de 15 % sur leurs placements, engendrant des délocalisations, des lock-out, une hausse de la productivité par baisse des salaires et de nouvelles pratiques de harcèlement avec de nouveaux contremaîtres à puces. Quand les fonds de placement, comme dans le cas d’Enron, sont constitués par les placements des travailleurs eux-mêmes, ceux-ci sont logiquement appelés à manifester un jour contre leurs baisses de salaire suite à la hausse de leurs fonds de pension et le lendemain contre la baisse des fonds de pension suite à leurs hausses de salaires ! Ainsi, le débat démocratique prend l’allure de pratiques ensorcelantes de sidération. Au lieu de la considération, d’avoir du respect pour l’interlocuteur et le con-sidérer, d’accueillir le complexe et de l’examiner à plusieurs, œuvrent la sidération tout court, l’ensorcellement, la violence symbolique qui associe positivement le consentant au consentement.

Où gît la vérité dans le combat démocratique ?

Est-il alors question de vérité ou davantage de victoire ? De rhétorique persuasive plutôt que de pratique scientifique ? Il s’agit moins de démontrer que de persuader, que d’emporter la décision suite à des manœuvres et des manipulations. En politique, on agit moins en géomètre qu’en instinctif, car il s’agit de souffler sur les braises des désirs, de mobiliser le passionnel plutôt que le rationnel. « Les hommes politiques songeraient, croit-on, bien plus à tendre des embûches aux hommes qu’à les servir utilement et leurs actes seraient inspirés bien plus par la ruse que par la sagesse (…) On n’ira donc pas caresser l’illusion qu’il serait possible d’amener la masse, ni les hommes engagés dans les affaires publiques, à vivre d’après la discipline exclusive de la raison. Sinon, l’on rêverait un poétique Âge d’or, une fabuleuse histoire.8 » Les derniers combats pour l’élection présidentielle américaine ont bien montré que nous sommes entrés de plein pied dans l’ère de la post-vérité, où tous les goûts sont permis.

Certains sont plus égaux que d’autres

On a même évoqué le « minimex » démocratique, car se « citoyenniser » implique des coûts de participation. Retournons au concept et à la belle théorie : l’individu en prise avec le débat démocratique est baptisé « citoyen ». Il est paré de toutes les vertus, dévoue­ment à la chose publique, éthique de la discussion, compétences techniques, désintéressement et désincarcération de ses intérêts personnels, de caste et de classe. Il est question de cheminer au-delà de l’architecture de sa vie personnelle vers le bien commun. Mais pour participer à ce jeu grisant, il faut acquitter des coûts de participation, avoir du temps, disposer des bases sociales de l’estime de soi, une bonne santé, un revenu suffisant pour faire face à diverses dépenses liées à l’exercice, avoir autour de soi des aidants stipendiés, une personne pour garder les enfants. Le jeu démocratique révèle bien rapidement ses impasses et laisse aisément aperce­voir ses composantes censitaires. Le jeu est vite cruel – « qui expose s’expose » –, cruel et genré – « qui expose, sexe-pose » : les hommes monopolisent aisément la parole. Alors, bon nombre de femmes font cercle, tracent des limites protectrices et débattent entre elles dans des conditions de non-mixité, mais cet entre-soi protecteur fait mauvais genre9.

« La règle est la suivante… »

« … confiture demain et confiture hier… mais jamais de confiture aujourd’hui.10 » Voilà la règle affirmée par la reine à Alice comme un préalable à la discussion dont on ne discute pas. Emmanuel Macron ferme 18 000 lits d’hôpitaux sur les quatre dernières années, mais il a le dernier mot, parce qu’il détient les pouvoirs d’en dire les premiers, d’imposer les indiscutables. L’organisateur du débat démocratique circonscrit la réalité comme le périmètre de l’incontestable et les discutants doivent s’accommoder oniriquement de ce qui est imposé sous la forme grammaticale de la proposition : « Ce qu’Alice découvre au pays des merveilles, c’est l’arbitraire des mises en sens de la réalité. Pour être collectivement renforcées, elles n’en sont pas moins parfaitement accidentelles.11 » Et l’adhésion à cet état de fait baptisé du nom de « vérité » est une imposition qu’Antonio Gramsci nommait hégémonique, fabrication de l’évidence culturelle qu’il serait malsain, inapproprié, impoli de remettre en question. Les personnages qu’Alice rencontre sont odieusement polis : « Quoiqu’elle fasse, quoi qu’elle dise, le verdict tombe : ses évidences à elle sont ridicules, fausses et exaspérantes.12 » Elle est passée au-delà du miroir, et ce monde merveilleux de la discussion sans contraintes est un cauchemar. La pseudo-discussion démocratique ne discute pas du réel, mais du réel déjà accommodé par les Puissants qui produisent ainsi des effets d’hébétude et de soumission : « La coutume de voir les rois accompagnés de gardes, de tambours, d’officiers, et de toutes les choses qui plient la machine vers le respect et la terreur, fait que leur visage, quand il est quelque fois seul et sans ses accompagnements, imprime dans leurs sujets le respect et la terreur (…) le monde qui ne sait pas que cet effet vient de cette coutume, croit qu’il vient d’une force naturelle ; et de là viennent ces mots : “le caractère de la divinité est empreint sur son visage”, etc…13 »

Les conditions du débat démocratique, à savoir que le meilleur argument l’emporte dans la discussion délestée de violence symbolique et de pratiques de domination sont rarement satisfaites. Dans l’arène du gouvernement britannique de Tony Blair, la réduction des allocations de chômage a pris quelques heures aux Communes et l’interdiction de la chasse à courre plus de deux cent cinquante. Ajoutons que son gouvernement a systématiquement menti sur l’engagement de la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak. Le débat démocratique fonctionne à merveille sur des broutilles marginales et laisse la place à des rapports de force, au mieux négociés, quand les enjeux qui comptent vraiment montent à la surface. Le frayage diplomatique, les caucus, les manifestations dans la rue, la menace de représailles latérales font partie de l’attirail qui empêche de basculer dans les rapports de guerre. C’est toujours déjà ça de pris, mais l’horizon vraisemblable ne manque pas de se profiler, pessimisme freudien et marxien contre utopie des culs bénits : habermassons dans les salons, fusillons-les dans les corons !

(Image de la vignette et dans l’article sous CC-BY-NC 2.0 ; photographie de dés, prise en 2021 par The Focal Project.)

  1. Je m’inspire ici de M. Hansotte, « Les conditions pour un débat démocratique » dans Salut et fraternité, n° 68 et de la même, Les intelligences citoyennes, Bruxelles, De Boeck Université, 2002, p. 110 et suivantes.
  2. M. Hansotte, « Les conditions pour un débat démocratique », op. cit.
  3. M. Foucault, Cours au Collège de France, 17 janvier 1979.
  4. M. Foucault, « La fonction politique de l’intellectuel », dans Politique-Hebdo, novembre 1976.
  5. P. Bourdieu, Méditations pascaliennes, Paris, Seuil, 1997, p. 245.
  6. P. Pignare et I. Stengers, La sorcellerie capitaliste, Paris, La Découverte, 2007 et I. Stengers, Résister au désastre, Paris, Wild project, 2019.
  7. Le philosophe Wittgenstein montre des jeux de langage : résoudre un problème de maths, raconter une histoire à un enfant, chanter une chanson, présenter un argument dans une discussion. Les jeux de langage sont annexés à une forme de vie : il n’est pas de bon ton de péter au mariage de la Comtesse mais roter à un baptême étudiant est signe d’insertion sociale réussie.
  8. Spinoza, Traité de l’autorité politique, § 2 & 6.
  9. Starhawk, « Une réponse néopaïenne après le passage de l’ouragan Katrina » dans Reclaim, Recueil de textes écoféministes, Paris, Cambourakis, 2016, p. 269 et suivantes.
  10. L. Caroll, « De l’autre côté du miroir » dans Tout Alice, Paris, GF Flammarion, 1979, p. 264.
  11. S. Lucbert, Le ministère des contes publics, Paris, Verdier, 2021, p. 114-115.
  12. Ibid. p. 115.
  13. Pascal, Pensées, 293.

Pierre ANSAY

Docteur en philosophie et auteur de plusieurs ouvrages dont "Spinoza au ras de nos pâquerettes", Pierre Ansay était membre du collectif éditorial de Politique. Il est décédé le 3 octobre 2022.


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