hiver 2025-2026. Référendum.
Tandis que le référendum fait débat dans nos lignes, les Suisse·sses ont eu l’occasion de se prononcer fin novembre sur deux initiatives populaires intéressantes. La première portait sur l’instauration d’un service civil obligatoire, alors que le service civil volontaire est en voie de définancement en Belgique comme en France. La seconde visait l’instauration d’une taxe climatique sur l’héritage des plus riches. Initiée par la Jeunesse socialiste, elle prévoyait un impôt de 50 % sur les successions supérieures à 50 millions de francs suisses (53,5 millions d’euros), ce qui aurait concerné environ 2 500 foyers.

Si ces initiatives ont toutes les deux été fermement rejetées (à 84 et 79 % !), comme le préconisait le gouvernement, elles ont néanmoins eu le mérite de créer le débat. Ainsi, l’idée d’un service civil obligatoire a notamment été critiquée pour le risque d’ajouter une charge de travail gratuit aux femmes, alors qu’elles consacrent déjà 60 % de leur temps à des tâches non rémunérées. Quant à la proposition de taxe successorale, elle aura eu le mérite de placer la justice climatique au cœur des débats politiques.

Mais un rejet aussi massif d’une taxe qui n’aurait concerné que 2 500 foyers ne manque pas d’interpeller.

Précédemment

automne 2024. Tempête dans un verre d’eau. Alors qu’une majorité législative semblait favorable à l’internement systématique des personnes ayant commis pour la deuxième fois un meurtre, un homicide volontaire ou un viol, les Chambres suisses se sont finalement prononcées contre une telle mesure particulièrement liberticide.

automne 2023. Après la grisaille des élections fédérales d’octobre, c’est la démocratie directe qui amène une belle éclaircie avec, le 3 mars dernier, le succès de l’initiative citoyenne pour un treizième mois de retraite, lancée par les syndicats et soutenue tant par les socialistes que par les écologistes, et validée par plus de 58 % de votants lors d’un référendum en mars. Le gouvernement fédéral et le patronat avaient pourtant fait tout leur possible pour pousser le « Non ». Par ailleurs, la proposition de relèvement de l’âge de la pension de 65 à 66 ans a été rejetée par une écrasante majorité (74,7%). Ce résultat fait l’effet d’un séisme politique dans un pays tendanciellement libéral, où les initiatives sociales sont régulièrement battues dans les urnes. Prochaine bataille : obtenir un financement aussi redistributif que possible pour ce treizième mois de retraite plutôt que de faire peser le coût sur les travailleurs des générations suivantes !