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Politique Archives N°78
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Plafond de verre

Brigitte CHAPELLIER

Hommes et femmes sont présents en nombre quasi équivalent dans la fonction publique. Sauf quand on monte dans la hiérarchie… Refrain malheureusement trop bien connu.

La fonction publique fédérale change en permanence, tantôt à coup de réformes retentissantes, tantôt dans le silence ou la discrétion.

La dernière réforme d’importance a été la réforme Copernic, entamée par le ministre Van den Bossche en 1999. Cette réforme avait officiellement un double objectif : de meilleurs services aux citoyens et un meilleur cadre de travail pour les fonctionnaires. Pour atteindre ces objectifs, de nombreux chantiers ont été lancés et appliqués de manière inégale dans les administrations. Tant il est vrai qu’il ne suffit pas de légiférer pour que les choses changent.

Le point qui nous préoccupe, en l’occurrence, est celui du progrès de l’égalité entre les femmes et les hommes. Voici en quelques chiffres l’évolution au sein des services publics fédéraux de cette répartition (exprimée en pourcentage par niveau).

Le tableau ci-dessous montre une évolution positive globale des effectifs, masculins et féminins. Cependant, au niveau des contractuels, la répartition femmes/ hommes est de 68,6 %/31,4 %. Or ces emplois offrent moins de sécurité que les emplois statutaires. De plus, ils sont majoritairement occupés par des personnes peu qualifiées (51 % des contractuels sont des emplois de niveau D).

Ensuite, alors que la répartition femmes/hommes sur l’ensemble des services publics fédéraux est de 49,5/50,5, la proportion est bien différente aux niveaux supérieurs1.

Pour forcer l’évolution au sein de la fonction publique fédérale, un arrêté royal introduit progressivement un quota de maximum deux tiers de personnes du même « genre » (comprenez « du même sexe ») dans les niveaux les plus élevés de l’administration. Comme le précise le rapport au roi : «  Au sein de la fonction publique administrative fédérale, le problème du déséquilibre entre les genres se trouve essentiellement dans ce que l’on appelle les deux premiers degrés de la hiérarchie, c’est-à-dire, d’une manière générale… les fonctions de management. (…) Début 2012, au sein des services publics fédéraux et des services publics de programmation, seulement 13 % des managers et 27 % des agents nommés dans les classes A3, A4 et A5 sont des femmes. L’inégalité est donc manifeste. »

Dans le même temps, la réforme des pensions et des congés touche particulièrement les femmes qui travaillent à temps partiel ou qui ont des carrières incomplètes, y compris dans le secteur public.

La réforme Copernic a été, elle, annoncée en grande pompe. Le gouvernement actuel, s’il n’annonce pas une réforme tapageuse, prévoit, discrètement, des changements qui auront des conséquences bien plus lourdes que Copernic sur le futur des fonctionnaires, surtout pour les femmes aux carrières pécuniaires plus basses et aux évolutions professionnelles plus chahutées.


Niveau DNiveau CNiveau BNiveau ATOTAL
FHFHFHFHFH
198541.5158.4930.1569.8511.3288.5832.6867.32
199052.6947.3135.2864.7214.9385.0740.8459.16
199553.9346.0741.6958.3156.3043.7024.0375.9744.9855.02
199652.3147.6944.0155.9936.3963.6129.7670.2445.5254.48
200651.0348.9757.0542.9543.7556.2536.4263.5848.1251.88
201263.5447.7747.7752.2348.7551.2541.5758.4349.4850.52
  1. Malgré des initiatives comme le projet Top Skills, organisé par le Selor, qui veut encourager plus de femmes à opter pour un emploi en tant que manager. Ceci par une simulation d’entretien de management.

Brigitte CHAPELLIER

Fonctionnaire fédérale.


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