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Politique Archives N°88
Revue Politique

Racisme, islam et langage codé

Jérôme JAMIN

Le racisme « biologique » n’ayant plus la cote, l’extrême droite a fait évoluer sa rhétorique, en passant de la « race » à la « culture », de la « culture » à la religion. ce sont pourtant largement les mêmes personnes qui sont visées. Il faut juste décoder.

En 2014, ce qui caractérise le plus le racisme des partis d’extrême droite en France, en Belgique et aux Pays-Bas mais aussi dans la plupart des pays d’Europe de l’Ouest1, c’est le développement d’un langage codé, apparemment anodin, et pourtant très connoté. Dans sa contribution au rapport annuel du Centre pour l’égalité des chances (2011) en Belgique, Benoit Frydman indiquait déjà que « les discours nauséabonds s’adaptent aux nouvelles règles et deviennent ”résistants”, notamment en trouvant des formes rusées d’expression, qui donnent des signes repérables à leurs adeptes, tout en restant en apparence dans les limites de la loi »2.

Avec le temps, la rhétorique qui visait spécifiquement une population ou un individu en raison de la race, de la couleur de peau, de l’ascendance ou de l’origine nationale ou ethnique a laissé la place à un discours contre « la société multiculturelle », à une critique « de cinquante ans de politique migratoire », à l’énonciation d’un « bilan » jugé désastreux par les électeurs et les militants classés à l’extrême droite. Le jargon multiculturel est mobilisé par les partis racistes pour dénoncer les conséquences « catastrophiques » de l’immigration dite de masse et des « effets dévastateurs » de la mixité. Et lorsqu’il faut cibler un groupe de façon plus détaillée, les concepts de « jeunes des quartiers » voir de « jeunes », ou de « racaille » sont mobilisés comme synonymes d’immigrés ou de musulmans.

Au rythme du développement de la législation antiraciste et des condamnations en justice, une rupture s’est opérée dans les représentations et les argumentations racistes, favorisant l’émergence d’un langage codé. Dans le discours, on observe depuis les années quatre-vingt, un « déplacement de l’inégalité biologique vers l’absolutisation de la différence culturelle »3. La « biologisation » des groupes humains dans les discours d’extrême droite, explique Pierre-André Taguieff, s’est effacée au profit de ce qu’on pourrait appeler une « culturarisation », les « cultures » étant transformées en « natures » secondes, « en même temps que l’axiome d’inégalité interraciale laissait toute la place à la nouvelle évidence absolue de la différence interculturelle, posée à la fois comme un fait nécessaire et une norme positive »4, une différence qui permet de juger comme assimilable ou non-assimilable telle ou telle population.

Le Front national français, le Vlaams Belang flamand et le Partij voor de Vrijheid néerlandais (un parti plus jeune, puisque fondé seulement en 2006) ont tous les trois opéré des changements dans ce sens même si le PVV, contraire- ment à ses homologues belge et français, n’a jamais utilisé de dis- cours ouvertement antisémites5. Pour des raisons de racolage électoral et pour éviter les poursuites en justice, ces partis ont progressivement privilégié un discours sur la culture, voire sur la religion, en lieu et place d’un discours sur les races, et surtout un discours qui porte sur des différences au lieu d’un discours qui parle d’inégalité ou de hiérarchie. Au final, un racisme symbolique, exprimé sans être ouvertement déclaré, s’est substitué au racisme direct, injurieux et agressif. Le rejet et la haine de l’autre n’ont pas disparu, le vocabulaire a changé.

Un repositionnement idéologique

Tout ce qui précède annonce un second tournant, à partir des années 2000, qui substitue progressivement un discours contre l’islam à un discours contre l’immigration, et à bien des égards, les arguments passent de la critique de certaines cultures, voire de certaines « races » à la critique des religions. Le Front national de Marine Le Pen en France illustre bien notre propos6, notamment en réalisant des changements de positionnement idéologique en rupture avec les positions de son père Jean-Marie Le Pen.

En premier lieu, il faut noter depuis quelques années la défense inattendue par le Front national de l’égalité entre les hommes et les femmes. Cette défense rompt avec l’idéologie traditionnelle de l’extrême droite qui considère historiquement la femme dans le cadre strictement familial d’une part (avec notamment comme missions les tâches ménagères, l’éducation des enfants et l’organisation du foyer), et dans sa mission de reproduction d’autre part. Cette rupture dans le discours présente l’avantage de pouvoir ensuite caractériser le machisme et le sexisme des musulmans (qui « imposent » le port du voile à leurs femmes) et généraliser cette caractéristique à toute personne héritière de près ou de loin du monde arabo-musulman. Ce qui est au demeurant précisément le propre du racisme : relier des caractéristiques sociales (machisme, sexisme…) à des caractéristiques

physiques (port du foulard ou de la barbe, origine maghrébine, couleur de peau7). Lors d’un dis- cours à Nantes le 25 mars 2012, Marine Le Pen indiquait : « Que des jeunes filles ou des femmes essaient de sortir de leur immeuble sans porter le voile, que ceux réputés musulmans ne respectent pas le ramadan, que de la viande de porc soit proposée à la cantine, que la nourriture ne soit pas halal, que des collégiennes ou des lycéennes veuillent faire de l’éducation physique, que des hommes et des femmes pataugent ensemble à la piscine municipale, que des hommes médecins prétendent soigner les patientes, que des jeunes femmes refusent d’épouser celui qu’on leur a trouvé, voilà ce qui est difficile aujourd’hui et même parfois impossible dans certains quartiers ! »8.

En deuxième lieu, le Front national de Marine Le Pen va défendre la séparation de l’Église et de l’État pour démontrer le lien indissociable entre politique et religion dans le Coran et, partant, la dimension « arriérée », « barbare », de la religion musulmane vis-à-vis des autres religions. Ici, l’objectif est triple : se positionner comme un parti laïque et à ce titre se détacher de l’étiquette disqualifiante d’« extrême droite » ; évoquer en filigrane et de façon indirecte l’infériorité de la religion musulmane vis-à-vis d’autres religions ; et enfin, flatter les chrétiens et les juifs qui sont désormais plus matures, notamment lorsqu’il est question d’accepter la séparation des affaires religieuses des affaires politiques. Ici aussi, il s’agit d’une rupture dans la mesure où l’extrême droite a toujours eu en son sein une branche religieuse chrétienne intégriste, souvent en conflit avec des tendances païennes ou athées. Cette dernière, désormais présentée comme plus mature que les autres, sort finalement victorieuse au regard des changements évoqués plus haut.

Le communautarisme, Voilà l’ennemi !

Lors d’un discours le 1er mai 2011 à Paris, Marine Le Pen glorifie la laïcité sur fond de critique du « communautarisme », un mot codé synonyme d’islam : « Le communautarisme, c’est la négation de la laïcité, de la République, de l’individu libre et la négation du citoyen membre d’une nation politique et charnelle. Notre vision de l’homme est celle d’un individu éclairé, libre de ses choix, affranchi des pesanteurs d’une communauté qu’il n’a souvent pas choisie et qui trop souvent le contraint. Ainsi la seule communauté qui vaille est la communauté nationale parce qu’elle seule permet l’épanouissement et la liberté. Qu’on soit homme ou femme, hétérosexuel ou homo- sexuel, chrétien, juif, musulman ou non croyant, on est d’abord Français ! ».

Enfin, troisième changement, Marine Le Pen a activé la défense d’abord timide puis ensuite affirmée de l’État d’Israël (et par ex- tension le rapprochement avec le peuple juif) en tant que seul État désormais capable de contenir la menace de « l’islamisation du monde ». Ici aussi, l’abandon de l’antisémitisme classique permet de démontrer les intentions belliqueuses de la population musulmane que seul l’État d’Israël semble être en mesure de comprendre et de contenir, elle permet aussi de réconcilier le FN et la population juive de France contre les musulmans radicaux en France9.

Lors de son discours de Nantes le 25 mars 2012 , Marine Le Pen indiquait : « Mercredi après-midi, j’étais à Montauban. J’assistais à l’émouvante cérémonie en l’honneur de nos trois soldats assassinés simplement parce qu’ils étaient des soldats français. Je pensais aussi à ces trois en- fants français et au père de deux d’entre eux tués de sang-froid, à bout portant, simplement parce qu’ils étaient juifs. […] Au cours de ces heures d’angoisse, maître Gilles-William Goldnadel rappe- la la réalité : “Le sang juif qui a coulé depuis la Deuxième Guerre mondiale ne l’a pas été des mains de l’extrême droite mais davantage de l’antisémitisme lié soit à l’islamisme soit au conflit moyen- oriental”. »10.

L’islam est forcément « radical »

En Belgique, la législation an- tiraciste, renforcée par les risques de perdre la dotation publique en cas de condamnation11, a modifié fondamentalement le discours des partis d’extrême droite. Ce fait se vérifie dans les programmes politiques qui ont été adaptés, notamment les sections relatives à l’immigration et à la délinquance qui était jusqu’à alors le lieu idéal pour stigmatiser l’une ou l’autre communauté. En Flandre, à l’image du Front national de Marine Le Pen, le Vlaams Belang a également modifié son discours à la fois pour les rai- sons qui sont au cœur du présent article mais aussi en raison de la concurrence qui a fait son apparition dans le paysage poli- tique avec l’arrivée en 2010 de la Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA, Nouvelle alliance flamande). L’ascension électorale de ce nouvel acteur a en effet également pesé sur la volonté au sein du Vlaams Belang de réformer son discours afin de se débarrasser de l’étiquette négative de parti raciste et d’extrême droite.

On retrouve des procédés rhétoriques au Vlaams Belang qui ne vont pas sans rappeler ce qui a été vu chez Marine Le Pen ou que nous verrons plus loin chez Geert Wilders. Ainsi, chez Filip Dewinter12, une des figures les plus influentes du parti, ce n’est pas la race ni même la culture qui est mobilisée dans son dis- cours mais l’islam, et plus particulièrement l’islam au sens soit d’islam radical, soit de civilisation, soit d’idéologie. L’islam est entendu au sens radical dans la mesure où, pour Dewinter, les « musulmans modérés » n’ont strictement rien à dire en Europe face aux musulmans radicaux, et d’autre part l’islam ne serait une religion modérée que pour les musulmans, une religion qui incite à la guerre sainte vis-à-vis des non-musulmans. L’islam est également associé à quelque chose de plus global dans la mesure où Dewinter insiste à plusieurs reprises à la fois sur la supériorité de l’identité européenne mais la civilisation » vis-à-vis de ce qui serait une civilisation musumane13. Enfin, l’islam est aussi associé à une idéologie : « L’islam n’est pas seulement une religion. C’est aussi une idéologie politique qui a son propre système légal »14. Dans l’entretien « Islamophobia is a Duty for Everyone », Filip Dewinter a aussi eu l’occasion de défendre les homosexuels et l’égalité entre les hommes et les femmes, mais, ici aussi, exclusivement dans le contexte de l’islam présenté comme une religion hostile à cette égalité et qui encourage à la « lapidation » des homosexuels. Enfin, on trouve des références à la laïcité sur fond de citations de Mustafa Kemal Atatürk qui associe l’islam à un poison pour la société.

L’islam a également été l’occasion pour le Vlaams Belang de s’intéresser à la condition des femmes, mais ici aussi sous l’angle spécifique de la dénonciation d’une religion qui limite la liberté de la femme et encourage la violence à son encontre si elle refuse d’obéir aux prescrits vestimentaires. À titre d’exemple, la fille de Filip Dewinter, An-Sofie Dewinter, a posé en bikini avec un niqab pour une campagne du parti qui, à l’initiative de la sénatrice du Belang Anke Van der-meersch, invitait les femmes à se positionner contre l’islamisation et avait pour slogan : « La liberté ou l’Islam »15.

Ce qui est intéressant ici, si on se remémore ce qui a été dit plus haut sur Marine Le Pen, c’est que celle-ci utilise un racisme déguisé pour dé- noncer le sexisme des musulmans alors que Filip Dewinter utilise un sexisme assumé pour dénoncer les atteintes à la liberté de la femme sans que personne, à l’extrême droite, n’y voie de contradiction.

Au final, Filip Dewinter rejette les accusations de racisme. Lorsqu’on lui rappelle les points les plus problématiques des versions plus anciennes du pro- gramme du Vlaams Belang, notamment celles qui précèdent les premières condamnations judiciaires du parti, Filip Dewinter explique volontiers que, contrairement au Coran qui est une « bible » figée et strictement inchangeable, le parti et son pro- gramme sont quant à eux capables de réformes et d’évolution. Et lorsqu’on parle de son racisme vis-à-vis des musulmans comme lors d’un entretien avec le Jewish Week le 28 octobre 2005, à la question « Êtes-vous xénophobe ? », Filip Dewinter répond : « Xénophobie n’est pas le mot que j’utiliserai ! S’il faut vraiment parler de peur, je parlerai d’islamophobie. Oui, nous avons peur de l’islam. L’islamisation de l’Europe est une chose effrayante ». La peur de l’islam chez Dewinter est également illustrée par la place qu’il accorde dans ses entretiens à la théorie de l’Eurabia16 soutenue par des mouvements comme Ji- had Watch, Stop the Islamization of America et sa variante européenne Stop the Islamization of Europe17.

Le tournant à partir des années 2000 qui substitue un discours contre l’islam à un discours contre l’immigration est également au cœur du dispositif rhétorique de Geert Wilders. Articulée dans un registre qui tente de respecter un certain nombre de valeurs importantes aux Pays-Bas, la force de son argumentaire réside surtout dans deux stratégies de communication. La première consiste à argumenter dans un registre à la tonalité progressiste, égalitariste, voire féministe, contre le Coran et par extension contre tout ce qui relève de près ou de loin du monde arabo-musulman. La deuxième vise à emprunter un discours raciste qui ne s’affirme pas comme tel, sous couvert du droit bien légitime à la critique des religions. En effet, Geert Wilders pourrait être considéré comme un homme de droite, adepte du libéralisme et hostile à l’Union européenne (dans sa composante élitiste et bureaucratique) s’il n’intégrait dans son discours une critique radicale de l’islam dont la férocité pousse certains à le placer à l’extrême droite. Concrètement, ce qui surprend chez Wilders, c’est qu’il rompt avec l’extrême droite traditionnelle dans son rapport aux femmes, aux homosexuels, aux Juifs et aux fascismes historiques tout en articulant son discours sur un registre d’exclusion, de rejet et de haine vis-à-vis d’une partie de la population, singulièrement les musulmans. Et ce qui est particulièrement efficace, c’est que cette rupture en apparence est utilisée pour alimenter cette haine. En d’autres termes, c’est ce qui semble l’éloigner du radicalisme d’extrême droite qui le rapproche par un autre biais de ce dernier.

Comme chez Marine Le Pen, Wilders dénonce le machisme et le sexisme des musulmans qui imposent le port du voile à leurs femmes et surtout, il généralise cette caractéristique à toutes per- sonnes de près ou de loin héritière du monde arabo-musulman. En d’autres termes, il affirme qu’un musulman ne peut pas s’écarter de tels comportements et que cet héritage suffit à faire d’élements culturels ou religieux une sorte de « nature » seconde pour reprendre l’ana- lyse de Taguieff. Et de la même manière, la défense des homosexuels chez Wilders sert à généraliser et donc à démontrer l’homophobie quasi « biologique » de tous les musulmans. Il s’agit bien d’une rupture18 dans la mesure où jamais la « haine » des homosexuels n’a été une préoccupation de l’extrême droite qui historiquement a même été relativement hostile à l’homosexualité, dans la lignée des nationalismes de l’entre-deux-guerres. La défense des homosexuels « vilipendés » par les musulmans vise à enfermer toutes personnes de près ou de loin héritière du monde arabo-musulman dans le stéréotype du « croyant intégriste et homophobe ».

Wilders rompt – au niveau du discours – avec l’extrême droite traditionnelle dans son rapport aux femmes et aux homosexuels, mais surtout aussi dans son rapport aux Juifs et aux fascismes historiques. D’une part, il consacre de nombreux discours pour dénoncer la menace que fait peser l’islam sur les Juifs d’Europe et des États-Unis, et d’autre part il soutient ouvertement, fermement et depuis toujours l’État d’Israël et plus particulièrement les politiques de l’État d’Israël vis-à-vis de ses voisins : « Aujourd’hui, l’islam est une menace pour chacun d’entre nous, pour Israël, pour l’Europe, pour l’Amérique »19. En parallèle, il dénonce également les fascismes historiques, et plus particulièrement le nazisme, ce qui le poussera à comparer le Coran à Mein Kampf, dénonçant et associant de la sorte deux menaces : le fascisme musulman qui est une idéologie totalitaire, et le nazisme de l’entre- deux-guerres20.

La deuxième stratégie de communication vise à utiliser les mécanismes traditionnels du discours raciste sous couvert du droit légitime à la critique des idées politiques, des religions et des idéologies. Geert Wilders utilise la reductio ad ben ladum21, un principe qui procède par simplification et qui transforme n’importe quel individu originaire du Maghreb en « dangereux terroriste adepte de la lapidation, de la burqa et de Ben Laden ». La simplification permet d’ignorer les différents courants au sein de l’islam, la multiplicité de l’héritage, l’historicité des textes et la diversité des interprétations au profit d’une lecture littérale de quelques extraits du Coran. Et, à l’appui de cette lecture, Wilders rappelle régulièrement que le Coran n’a pas été écrit par des individus inspirés par Dieu et qu’à ce titre il est au contraire un livre saint qui n’a pas subi d’altération après sa révélation au Prophète. Cet argument permet à Wilders d’asseoir l’idée qu’un musulman est par nature intégriste, car il ne peut prendre de distance critique vis-à-vis du texte sacré et, partant, il est obligé au plus pro- fond de lui-même d’essayer d’imposer la Sharia.

Au final, avec Le Pen, Dewinter, Wilders et bien d’autres acteurs politiques marqués à l’extrême droite, tous les mécanismes et les sous-entendus du racisme traditionnel sont conservés de façon intacte, mais ils sont désormais intégrés dans des rhétoriques faisant plus écho à la démocratie, à la laïcité, à l’égalité et à la liberté qu’au fascisme et aux heures sombres de notre histoire.

  1. Les partis d’extrême droite en Europe de l’Est sont plus récents – ils apparaissent après la chute du Mur de Berlin – et à bien des égards sont imprégnés de discours antisémites, anti-Roms et ultra-nationalistes beaucoup plus caractérisés et manifestes que ce que l’on observe dans l’Europe de l’Ouest. Pour un tour d’horizon récent : « L’extrême droite en Europe », Hérodote, revue de géographie et de géopolitique, 144, 1er trimestre, 2012 ; « L’extrême droite, une nébuleuse qui s’enracine » in Recherches internationales, Octobre/ Décembre 2011 ; et A. Mammone, E. Godin and Jenkins, Mapping the Far Right in Contemporary Europe Local, National, Comparative, Transnational, Routledge, New York, 2012.
  2. Discrimination – Diversité, Rapport annuel 2011, Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme, p. 39.
  3. P.-A. Taguieff (Ed.), Face au racisme, tome 2, Paris, 1991, p. 13-15.
  4. Ibidem, p. 35. Sur le passage du racisme biologique au racisme culturel, voir aussi R. Grosfoguel, « The Multiple Faces of Islamophobia » in Islamophobia Studies Journal, Volume 1, Issue 1, Fall 2012, p.13.
  5. Notons également que la stratégie du langage codé avait fait l’objet d’une réflexion au Front national dès 1997. Mais que ce n’est qu’avec l’arrivée de Marine Le Pen que ces enseignements seront utilisés dans la reformulation du discours. Voir les travaux de l’ancien n°2 du Front national : Bruno Mégret, L’alternative nationale, Saint-Cloud, Éditions nationales, 1997.
  6. Sur les développements qui suivent, lire le chapitre 4 « Un parti républicain » (167 et sv.) et surtout le chapitre 5 « Un Front national féministe et gay friendly ? » (241 et sv.) dans Sylvain Crépon, Enquête au cœur du Nouveau Front national, Nouveau Monde Editions, Paris, 2012. Voir aussi le projet présidentiel de Marine Le Pen et plus particulièrement la section Laïcité : www.marinelepen2012.fr (../le-projet/ refondation-republicaine)
  7. Todorov indique à ce sujet que toute société « possède ses stratifications, se compose de groupes hétérogènes qui occupent des places inégalement valorisées dans la hiérarchie sociale. Mais ces places, dans les sociétés modernes, ne sont pas immuables : le vendeur de cacahuètes peut devenir président. Les seules différences pratiquement ineffaçables sont les différences physiques : celles dites de “race” et celle de sexe. Si les différences sociales se superposent pendant suffisamment longtemps aux différences physiques, ajoute Todorov, naissent alors ces attitudes qui reposent sur le syncrétisme du social et du physique, le racisme et le sexisme ». T. Todorov, Nous et les autres. La réflexion française sur la diversité humaine, Seuil, Paris, 1989, p.139. Notons donc qu’ici le FN utilise un discours raciste codé pour dénoncer le sexisme des musulmans.
  8. Discours disponible en ligne : www.frontnational. com/videos/discours-de-marine-le-pen-a-nantes/
  9. Le tournant « pro-juif » ou « pro- israélien » du Front national français et du Vlaams Belang flamand est illustré dans la section « Toward philo-Semitism » in J. Zúquete, « The European extreme-right and Islam : New directions ? » in Journal of Political Ideologies, October 2008, 13 (3), p. 327 et sv.
  10. Discours disponible en ligne : www. frontnational.com/videos/discours-de- marine-le-pen-a-nantes/.
  11. Loi du 12 février 1999. Voir notre article « Trente ans de lutte contre le racisme en Belgique : bilan et perspectives » dans La Revue nouvelle, n°4, avril 2014, p.75-81.
  12. Notamment dans son ouvrage Inch Allah ? De islamisering van Europa publié en 2009 chez Uitgeverij Egmont.
  13. Lire l’entretien « Islamophobia is a Duty for Everyone » de Filip Dewinter avec Lex Moolenaar publié le 2 mars 2009 sur le site de F. Dewinter : www.filipdewinter.be.
  14. Idem.
  15. Lire l’article du Standaard « Dochter Dewinter in nikab voor campagne » publié en ligne le 2 février 2012 : www.standaard. be/cnt/dmf20120202_039.
  16. L’Eurabia renvoie à un complot entre les pays arabes et les élites européennes pour construire une Europe musulmane en échange de soutiens financiers et de l’accès à un pétrole bon marché. Lire le principal auteur de cette théorie : Bat Ye’or, Eurabia : The Euro-Arab Axis, Madison : Fairleigh Dickinson University Press, 2005.
  17. Lire entre autres L. Fekete, « The Muslim conspiracy theory and the Oslo massacre » in Race and Class, 53 (3) 2012, p. 31 et sv. Strommen,« À propos d’Utoya et de la banalisation de l’extrême droite » in Recherches internationales, Paris, Octobre-Décembre 2011, p. 98, 102 and 103.
  18. La défense des homosexuels apparaît une première fois dans l’espace politique d’extrême droite européen avec Pim Fortuyn aux Pays-Bas, un homme politique qui se présente comme homosexuel et qui défend, entre autres, la cause des homosexuels contre « l’homophobie » des musulmans.
  19. Discours à l’American Freedom Association de Los Angeles le 9 juin 2013.
  20. Sur la défense inconditionnelle d’Israël par Geert Wilders, lire V. Mamadouh et H. van der Wusten, « “Ceci n’est pas un parti” : le véhicule fantôme de l’anti- islamisme de Geert Wilders » in « L’extrême droite en Europe », Hérodote, revue de géographie et de géopolitique, 144, 1er trimestre, 2012, p. 117.
  21. Voir notre carte blanche dans Libération : www.liberation.fr/ monde/2010/03/16/wilders-et-l- islam_615551.

Jérôme JAMIN

politologue, membre de la revue Politique


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