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Trois débats électoraux 2019

Rédaction

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En débattre ?

Si la polémique est bien entendue admise et même encouragée, nous vous demandons de rester courtois, de ne pas recourir à l'injure et de rester dans le cadre du sujet. La rédaction se réserve le droit de supprimer un commentaire qui ne respecterait pas ces règles.

Une contribution pour "Trois débats électoraux 2019"

  • Comme élément de sa campagne électorale européenne, le Parti de la Gauche Européenne (PGE) a choisi notre compatriote Nico Cué comme un des deux ‘candidats de proue’ (‘spitzenkandidat’) pour la candidature de président de la Commission Européenne.
    En tant que site de gauche qui depuis des années s’occupe de la politique européenne pour un public néerlandophone en Flandre et aux Pays-Bas, Ander Europa (www.andereuropa.org) avait adressé un questionnaire à l’équipe de Nico Cué, avec l’intention de publier les réponses en traduction néerlandaise sur notre site. Nous regrettons que cet équipe ne semble pas avoir la volonté ou les moyens de répondre à ces quelques questions. Nous avons reçu la réponse suivante :
    “I’m Clara Alonso, from Mr Nico Cué’s campaign team. I’m very sorry but finally Mr. Cue can not do this interview. We have a very complicated work calendar and we are not able to attends your petition.
    Thanks very much for your interest,”

    Voici les questions que nous avions posées:

    M. Cué, vous avez été choisi par le Parti de la Gauche Européenne (PGE), ensemble avec la slovène Violeta Tomic, comme leur candidat pour la présidence de la Commission européenne (CE). Nous vous en félicitons, et aimerions vous poser quelques questions.

    1. Votre collègue Violeta Tomic est candidate pour les élections européennes sur la liste de son parti slovène, Levica. D’après ce que je sache, vous ne figurez sur aucune liste pour les élections européennes de mai 2019. N’est-ce pas un peu étonnant de soutenir le PGE mais aucun des listes avancés par celui-ci?

    2. Vous venez juste de prendre votre retraite après une longue carrière comme leader syndical à la tête des métallos du syndicat socialiste belge, la FGTB, et vous voilà impliqué dans un nouveau combat, politique celui-ci, comme figure de proue de la gauche en Europe pour les élections européennes. Vous le voyez comme continuation du même combat avec d’autres moyens? Comment avez-vous vécu “l’Europe” en tant que responsable syndical?

    3. Est-ce qu’il n’y a pas, de la part de beaucoup de responsables syndicaux en Europe, un manque d’esprit critique vis-à-vis de l’Union Européenne (UE) ? On répète le mantra de “l’Europe sociale”, mais est-ce que l’UE n’a pas plutôt oeuvré contre les intérêts des travailleurs et leurs syndicats?

    4. En principe, la Confédération Européenne des Syndicats (CES) devrait – avec ses 45 millions de membres – former un sérieux contrepoids contre les politiques néolibérales et antisociales de l’UE. Mais ne doit-on pas constater que, en tant que contrepoids, la CES signifie en réalité très peu ? Comment vous l’expliquez? Est-ce que le syndicalisme européen fera partie de votre campagne comme candidat du PGE?

    5. Dans le passé, la gauche radicale se présentait plus ou moins unie devant l’électeur en Europe. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. On peut au moins distinguer trois “ailes”, pour ne pas dire “camps”. Il y a le Parti de la Gauche Européenne pour lequel vous vous engagez et qui représente une bonne partie de la fraction de la gauche radicale au Parlement Européen (GUE/NGL), il y a le mouvement DiEM25 de Varoufakis, et il y a “Demain le Peuple”, lancé par Jean-Luc Mélenchon et qui à part son propre mouvement La France Insoumise (LFI) semble être choisi par une autre partie de GUE/NGL, entre autres Podemos, le Bloco portugais et des partis nordiques. On peut regretter cette désunion, mais elle est la conséquence presque inévitable des événements et évolutions extraordinaires des dernières années en Europe (Grèce, Brexit, politique d’austérité, …). Quelle est votre opinion sur cette “diversité des gauches”?

    6. Le désaccord entre le Parti de Gauche français (dont est issue La France Insoumise) et le Parti de la Gauche Européenne (PGE) concerne surtout le bilan du gouvernement SYRIZA sous Alexis Tsipras. Le Parti de Gauche français demandait l’exclusion de SYRIZA du PGE après que ce parti avait renforcé l’austérité et réduit le droit de grève. Qu’en pensez-vous? On constate aussi que SYRIZA est parfois préféré par la social-démocratie européenne à son propre parti grec, le PASOK; certains se demandent même à quelle fraction SYRIZA se joindra après les élections. N’est-ce pas un peu risqué de la part du PGE de tout miser sur SYRIZA ? Et ne risque-t-on pas de s’aliéner des partis importants de la gauche à cause d’un choix politique unilatéral?

    7. Le débat dans la gauche en Europe concerne aussi la question de la “réformabilité” de l’UE. Le mouvement de Varoufakis s’est mis comme but de démocratiser les institutions européennes au plus tard en 2025; d’autres sont convaincus que l’UE est irréformable, et qu’il faudra commencer sur de nouvelles bases si l’on veut une Europe démocratique, sociale et progressiste. Qu’en pensez-vous?

    8. Vous avez participé au “Progressive Forum”, organisé par le PGE à Bilbao (novembre 2018). Il y était beaucoup question de la nécessité d’un large front de la gauche, incluant la social-démocratie et les Verts, pour contrecarrer la montée de la droite. Mais comme dirigeant syndical, vous n’avez pas reculé à plusieurs reprises à critiquer vertement les sociaux-démocrates wallons pour leurs choix politiques, qui allaient souvent contre les intérêts des travailleurs. Le bilan des coalitions SPD-Grüne-Die Linke (‘rot-rot-grün’) dans certains Länder allemands n’est pas très convaincant non plus. Comment voyez-vous une collaboration entre ces trois courants? Quelles seraient les lignes rouges à ne pas franchir? Est-ce une main tendue vers l’entièreté de ces formations, ou plutôt vers l’aile gauche?

    9. En Belgique, jusqu’à récemment, il n’y avait pas de parti de la gauche radicale un tant soit peu important. Avec la montée du PTB en Wallonie, et dans un moindre degré du PVDA en Flandre, les choses semblent évoluer. Est-ce que vous croyez que ce petit parti pourra jouer un certain rôle dans le paysage politique belge? Voyez-vous le jouer sous peu un rôle dans le PGE?

    10. Petite question pour finir. Récemment, une chercheuse de la London School of Economics présentait une analyse des plate-formes des grandes familles politiques en Europe (Voir European Parliament elections—battle for ‘Europe’s soul’? Miriam Sorace, Social Europe Journal, 19 février 2019, https://www.socialeurope.eu/european-parliament-election.) La gauche radicale n’y figurait pas, mais ce n’était pas par méchanceté ou oubli de la chercheuse; elle écrivait: “The European Left (GUE/NGL) is absent from this analysis since the European left is currently divided and no clear manifesto/platform section was found on its website.” Est-ce que c’était juste une question de timing, ou n’y aura-t-il pas de programme formel du PGE?

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