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Une étude historique « par le bas » du fait syndical

Francine BOLLE

Adrian Thomas, jeune historien de l’Université de Liège, est l’auteur d’une biographie de Robert Dussart (1921-2011), parue en septembre 2021 aux éditions Aden. Robert Dussart devient ainsi le second syndicaliste du Parti communiste de Belgique, après Julien Lahaut (1884-1950)1, à disposer d’une biographie sous forme d’ouvrage, écrite par un historien sur base d’un dépouillement systématique des archives et de sources originales.
Comme dans le cas de la biographie de Julien Lahaut qui a été publiée pour le 60e anniversaire de son assassinat (et rééditée pour son 70e anniversaire), cette publication s’inscrit dans un calendrier d’anniversaires puisque la sortie du livre coïncide avec l’année du centenaire de la naissance de Dussart, qui est également celle des 10 ans de son décès, mais aussi des 60 ans de la grève de l’hiver 1960-1961 qui révéla véritablement le militant du Parti communiste belge (PCB) de la délégation syndicale des Ateliers de constructions électriques de Charleroi (ACEC)2. En effet, le débrayage des travailleurs des ACEC, le 20 décembre 1960 – contre l’avis de la direction nationale de la FGTB – jouera un rôle décisif dans le déclenchement de la grève du siècle, à côté bien sûr des mouvements des communaux d’Anvers, suivis par toute la CGSP dirigée alors par Georges Debunne. Dans la grande industrie carolorégienne, le débrayage du bastion ouvrier qu’étaient les ACEC sera en tous cas perçu comme le du coup d’envoi de la grève.

Mais, si les anniversaires sont effectivement des prétextes pour sortir de l’ombre des événements et des acteur·ices de l’histoire qui sinon tomberaient dans l’oubli le plus complet, force est de constater qu’on assiste – depuis la crise bancaire de 2008 et l’ouverture d’un nouveau cycle de contestation dans le monde du travail – à la réémergence d’études historiques sur les classes populaires et notamment sur le mouvement ouvrier. L’histoire continue donc de s’écrire largement en fonction des préoccupations de l’époque présente.

Si la biographie de Julien Lahaut (2010) a été écrite 60 ans après sa mort, Dussart est quant à lui une figure à peine disparue de la scène. Cela implique des mémoires encore très vives du personnage, qui peuvent bien sûr entrer en conflit ou en concurrence. Or, si les travaux des historiens peuvent bien entendu servir à alimenter, à enrichir les mémoires collectives, leur objectif ne doit pas être de juger, mais bien de comprendre le passé et de l’expliquer. Nous ne pouvons donc que nous réjouir que l’ouvrage présenté ici, bien que commandité par la MWB Hainaut-Namur3, ait été rédigé par un historien (même si la préface et la postface ont été produites par des permanents de la régionale des métallurgistes de Charleroi) accompagné dans cette tâche par un comité de lecture composé de trois historiens spécialisés en histoire sociale et syndicale socialiste : Serge Deruette, professeur à l’U-Mons, Rik Hemmerijckx, historien spécialisé dans l’histoire de la FGTB et François D’Agostino, historien et archiviste en région de Charleroi. Si l’on peut regretter un appareil de notes peu lisible et interprétable, mêlant de manière indistincte presse, archives, et témoignages, rassemblés à la suite de plusieurs paragraphes, la rigueur scientifique nous semble toutefois bien avoir été de mise, multipliant les sources et le nombre de témoins interrogés.

Une histoire syndicale et populaire

Dans l’introduction, A. Thomas explique qu’il n’entend pas produire une « hagiographie, une vita de Saint-Robert et de ses miracles » – l’ouvrage n’occultera d’ailleurs pas les critiques qu’essuya parfois Dussart à sa gauche – mais que son ambition est de lier le parcours de Dussart à Une histoire ouvrière des ACEC de Charleroi (c’est le sous-titre de l’ouvrage4) : « L’histoire ouvrière des ACEC ne se résume pas à un individu, même s’il l’incarne à merveille. C’est une affaire collective. Notre récit s’intéressera également longuement aux hommes et aux femmes qui ont fait les batailles sociales des ACEC ».

L’évocation du parcours de Robert Dussart est ainsi avant tout le fil rouge d’un récit « par le bas » de l’histoire ouvrière des ACEC. Loin du parcours in vitro du « grand homme » qui fait l’histoire à partir de choix purement subjectifs, l’action militante de Dussart s’inscrit ici en permanence dans des jeux de relations avec une multiplicité d’autres acteurs, en lien non seulement avec les évolutions de sa situation personnelle dans le PCB ou dans le syndicat mais surtout avec les évolutions des rapports de forces sociaux. Il n’est ainsi pas exclu, comme le suggérait Jean Puissant lors d’un colloque sur la Mémoire de la Grande grève de l’hiver 1960-1961 en Belgique tenu à Liège en 2010, que certains épisodes fort marquants comme les grandes grèves de 1932 et 1936, la Résistance, les grèves de 1950 contre le retour du Roi, ont pu être « constitutifs d’une mentalité et de comportements homologues »5 au sein d’une génération syndicale (celle qui sera active lors des grèves de 60-61). L’exemple de Dussart tend à confirmer cette hypothèse.

En suivant les pas de Dussart, on découvre d’abord un univers de vie socialiste dans l’entre-deux-guerres, celui des corons de Dampremy où il a grandi. Mais aussi sa Maison du Peuple « La Vigilance » qui, écrit A. Thomas, « structure une petite contre-société socialiste » dans laquelle il évolua dès son plus jeune âge, accompagnant son père « devenu un pilier » de l’endroit « via son syndicalisme ». Cela ne l’empêche pas d’en être brutalement exclu à la suite du soutien qu’il avait apporté à la liste communiste au lendemain des grèves de 1932 (non soutenues par les directions syndicales socialistes). Ce fut sa première expérience vécue (traumatisante pour lui et son père) de l’expression de tensions à l’intérieur du syndicat. Le jeune Robert n’a alors que 11 ans mais en gardera « toujours un souvenir impérissable », écrira-t-il.

Le lecteur pénètre ensuite dans l’univers des ACEC-Charleroi où Dussart entre à l’été 1936, à l’âge de 14 ans. Très peu d’ouvriers y sont alors syndiqués. Des quatre sites des ACEC, seule l’usine de Ruysbroeck disposait d’une présence communiste stable dans l’entre-deux-guerres, témoignant d’une certaine radicalité des travailleurs de ce site. Durant la guerre, la résistance syndicale à l’occupant s’organise à Charleroi à commencer par les Comités de lutte syndicale, de tendance communiste, suivis par le Mouvement des délégués des usines métallurgiques de Charleroi qui finit par s’associer au Mouvement syndical unifié (MSU) d’André Renard, courant qui l’emportera en importance. Malgré une grève déclenchée en février 1943 contre le Service de travail obligatoire, mille ouvriers des ACEC – dont Dussart – sont déportés pour aller travailler en Allemagne. Au sortir de la guerre, les ACEC deviennent un bastion syndical incontournable à Charleroi. Jusqu’en 1947, aucun militant communiste n’y est délégué syndical, et ce malgré les importants résultats électoraux du PCB, qui participe alors au gouvernement et dispose même de postes à responsabilité à la tête de la FGTB.

Les militants communistes dans le mouvement syndical

Dans les chapitres qui suivent jusqu’à la fin de l’ouvrage, A. Thomas nous invite à une véritable plongée dans l’histoire de la délégation syndicale des ACEC – que vont progressivement intégrer les communistes (elle sera même présidée par Dussart à partir de 1968) – mais également de sa « cellule communiste d’entreprise », objet largement méconnu du lectorat francophone belge. Un ouvrage en néerlandais rédigé par Rik Hemmerijckx6 à partir de sa thèse de doctorat est cependant en cours de traduction, ce qui devrait contribuer à combler prochainement cette lacune.

Au fil des chapitres, toujours agencés chronologiquement en suivant les grands événements de l’histoire syndicale de l’entreprise et de l’histoire du PCB (événements qui ne manquent pas d’être mis en lien avec le contexte économique politique et social national, et même parfois international) le livre retrace l’évolution de la cellule communiste, son organisation, les revendications et les combats menés, en interne mais aussi au cœur de mouvements à portée plus générale (question royale, grèves de 60-61, etc. mais aussi le mouvement pacifiste). Il revient aussi bien sur ses succès (la fameuse grève de 1979 pour les 36 heures) que sur ses échecs (notamment lorsque le PCB sera largement dépassé par l’extension imprévue aux ACEC de la grève des femmes-machines de la FN de Herstal en 1966) ; sans oublier la longévité particulière de la feuille d’usine Dynamo publiée par la cellule de 1947 à 1982, soit 35 années durant7.

Au cœur de cette plongée dans la vie de la cellule communiste des ACEC, sont évoquées les relations de Robert Dussart avec le patronat mais aussi avec la FGTB et la Centrale des métallurgistes de Belgique, avec les différentes composantes socialistes, communistes et même chrétiennes de la délégation syndicale, avec les autres membres de la cellule communiste, avec les renardistes (et au sein du Mouvement populaire wallon dans lequel Dussart va s’impliquer activement). Sont également évoquées ses relations avec les trotskistes, les « grippistes » puis celles (souvent houleuses) avec les divers groupes maoïstes des années 1970 qui entendent également agir dans les usines (mouvement des établis), sans oublier ses relations avec le PCB lui-même, dans lequel Dussart occupera des fonctions importantes jusqu’à être porté à la présidence du parti francophone en 1986 alors que son déclin était déjà largement entamé.

Dans un style largement monographique au plus près des acteurs de terrain et de ce fait très vivant, le récit met ainsi en lumière un certain nombre de conflits qui ont scandé cette vie syndicale en entreprise. Au premier rang de ceux-ci se trouve bien sûr le rapport de force avec le patronat mais l’ouvrage montre aussi l’existence de désaccords et tensions, ouverts ou latents, entre acteurs de la lutte ouvrière en entreprise (directions syndicales, délégués syndicaux, militants de la gauche radicale, sans oublier les travailleurs et travailleuses, syndiqué.es ou non) quant aux tactiques à adopter, quant à l’opportunité de mener tel ou tel type d’action dans telle ou telle circonstance.

Tensions et démocratie syndicales

C’est précisément au cœur de ces différents conflits et désaccords qui s’entrecroisent que se révèle toute la complexité du fait syndical. Dans notre thèse de doctorat portant sur La mise en place du syndicalisme contemporain et des relations sociales nouvelles en Belgique (1910-1937)8, nous avons attaché une importance toute particulière à l’analyse des tensions intra-syndicales. Leur virulence était généralement accrue dans des contextes grévistes, moments privilégiés d’expressions en acte de l’ensemble des acteurs fondamentaux du syndicalisme, à savoir les simples affiliés aux prises avec leur réalité sociale concrète et les militants et dirigeants qui occupent des positions particulières dans les organisations syndicales. Nous avons montré que ces tensions ont été constitutives du fait syndical de l’entre-deux-guerres – a fortiori du côté des syndicats socialistes, majoritaires à l’époque, et dont la structure était beaucoup plus lâche et moins centralisée que du côté chrétien ou libéral – et ont influencé la construction historique de ce mouvement. Une telle étude nous a permis de remettre en question l’image tronquée de militants et affiliés s’identifiant sans faille à la ligne de conduite des appareils syndicaux, telle que véhiculée dans une historiographie syndicale longtemps écrite au rythme des commémorations par les organisations syndicales elles-mêmes pour leurs affiliés, et donc soucieuses avant tout de magnifier leur propre action9.

La mise en lumière de ces dissensions rappelle ainsi que l’histoire des luttes ouvrières est avant tout, non pas le fait d’appareils syndicaux, mais celle de l’agir subjectif hétérogène de milliers d’hommes et de femmes en chair et en os qui sont reliés entre eux par une identité de condition, celle d’être des travailleurs et travailleuses placé·es dans un rapport salarial foncièrement inégalitaire face au patronat. L’histoire syndicale a ainsi toujours été marquée par des tensions entre une multiplicité de points de vue qui ont tendance à s’exacerber dans les périodes de forte conflictualité sociale (d’autant plus dans des contextes de crise économique et de raidissement des positions patronales) débouchant parfois sur des actions ouvrières spontanées (cf. « grèves sauvages », création de « comités de grève unitaires »). Les acteurs de ces luttes ont ainsi tendance à en reprendre en acte le contrôle démocratique face aux bureaucraties syndicales. Dans de nombreux cas, ces actions finiront d’ailleurs la plupart du temps par être reconnues (ou du moins finalement indemnisées) par les instances syndicales craignant le cas échéant de se retrouver totalement débordées par leur base.

C’est dans ce cadre qu’il est possible de comprendre l’émergence, au sein même du mouvement syndical, de personnalités combatives – de diverses tendances – qui s’opposeront à la modération de leurs directions syndicales. Outre Robert Dussart, on peut bien sûr citer Joseph Jacquemotte et Julien Lahaut, mais aussi bien d’autres qui n’appartiennent pas forcément au PCB10 comme André Renard, Léon Lesoil11, Jean De Boe, Joseph Bracops, Emile Marchand et Frans Liebaers (qui compteront parmi les fondateurs, en 1924, du journal La Lutte de classe, puis en juin 1925 du groupe L’Unité), Charlotte Hauglustaine, l’abbé Raphaël Verhaeren (prêtre ouvrier travaillant aux Acec), André Henry (délégué principal Glaverbel-Gilly), Gustave Dache (délégué à Caterpillar et à Citroën), Silvio Marra (délégué Aux Forges de Clabecq), etc. La liste n’est évidemment pas exhaustive. Leurs prises de positions et actions dans le mouvement social, mais aussi leur attachement à leur base syndicale et, la plupart du temps, à l’action ouvrière unitaire explique sans doute en partie la reconnaissance et l’aura dont ils bénéficiaient dans les rangs des travailleurs.

Le récit d’A. Thomas, en suivant de près le parcours de Dussart, nous paraît ainsi être parvenu à retracer de manière vivante, les processus par lesquels des personnalités militantes issues de la « base » et du monde ouvrier lui-même et incarnant un syndicalisme combatif, ont pu jouer un rôle important dans l’histoire syndicale, parfois bien au-delà de l’entreprise dont ils sont issus. Il est néanmoins à souligner que Robert Dussart, en dépit de sa présidence (depuis 1968) de la délégation syndicale d’une des citadelles ouvrières (10 000 emplois aux Acec Marcinelle dans les années 1970) les plus importants du paysage industriel du Sud du pays, n’intégrera jamais l’appareil syndical de la FGTB-Charleroi qui reste aux mains des socialistes (ce n’est que tardivement, en 1971, qu’il deviendra membre du comité exécutif de la Centrale des métallurgistes de la FGTB-Charleroi, fonction par ailleurs largement honorifique12). Sa situation est donc très différente de celle d’André Renard, qui mena la plus grande partie de son action syndicale de combat (réformes de structure et indépendance syndicale, en opposition au syndicalisme pragmatique fixé sur la concertation sociale, en alliance avec le PSB, incarné par Louis Major) à partir de sa position dans l’appareil. Tout ceci fait de cet ouvrage une contribution importante à l’histoire syndicale, qui reste hélas toujours un parent pauvre de l’historiographie en Belgique. Puisse cette étude en susciter d’autres (bien des bastions syndicaux historiques, au Nord comme au Sud du pays, mériteraient d’être étudiés) ainsi que des analyses comparatives qui pourraient encore enrichir notre compréhension de l’action syndicale dans les entreprises et de ses évolutions.

Enfin, pour clore ces quelques considérations sur l’importance de l’histoire ouvrière « par le bas » et sachant que le parcours de chaque militant ne peut bien sûr pas donner lieu à la publication d’un ouvrage à part entière, il nous paraît important de signaler l’existence d’un Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier en Belgique (DBMOB) aujourd’hui en ligne : Belgique – Maitron. Un projet de publication d’un volume imprimé, reprenant 500 notices, est également en cours.

Le DBMOB entend, à l’instar de son équivalent français, « le Maitron », contribuer activement à l’écriture de l’histoire ouvrière en inventoriant et en retrouvant la trace de toutes celles et tous ceux qui ont contribué à l’émancipation des travailleur·euses, au-delà des cadres et des dirigeants du mouvement ouvrier. Il s’agit également par-là de reconnaître l’importance des militant·es en tant qu’acteurs·rices du changement social et de leur accorder la place qui leur revient légitimement dans la production scientifique historique. Et il y a une certaine urgence : « Plus le temps passe, plus se disloque le monde ouvrier, plus s’effritent les mouvements ouvriers, plus le Maitron prend du relief, au point qu’on peut parfois se demander ce qui resterait de ces vies perdues, de ces « élites obscures » si Jean Maitron n’avait pas entrepris le Dictionnaire »13, constatait Michèle Perrot il y a 25 ans déjà. En sortant de l’ombre de nombreux militants ouvriers (et quelques militantes), des études comme celles livrées ici par A. Thomas apportent ainsi chaque fois de précieuses pierres à la construction de cet édifice. Ce qui nous amène à préciser enfin que le projet DBMOB est un projet collaboratif qui nécessite la participation d’historien·es professionnel·es afin d’en assurer la rigueur scientifique mais également de celle des acteurs et actrices de terrain. Grâce à leur connaissance du passé des luttes sociales, ces témoins peuvent nous aider à identifier et à récolter des traces de l’action de ces militant·es aujourd’hui décédé·es. Ceci est donc un appel. Toutes les propositions de contributions ou de témoignages peuvent être adressées à l’équipe du DBMOB à l’adresse suivante : renee.dresse@carhop.be.

Recension de l’ouvrage d’Adrian Thomas, Robert Dussart. Une histoire ouvière des ACEC, éd. Aden, 2021.

(Image de la vignette et dans l’article, ainsi que le portrait de Robert Dussart, dans le domaine public ; photographie d’une manifestation syndicale, prise de la grande grève de 1960-1961, à Liège, par Wim van Rossem et portrait de Robert Dussart, pris en 1985 par Josiane Vrand ; la couverture du livre d’Adrian Thomas demeure sous copyright des éditions Aden et est utilisée ici à titre illustratif.)

  1. J. Pirlot, Julien Lahaut vivant, éditions du Cerisier, 2010 (rééd. 2020), L’attrait pour Julien Lahaut, comme le souligne A. Thomas « dépasse son identité ouvrière ». Deux ouvrages ont en effet été rédigés autour de son assassinat : R. Van Doorslaer et É. Verhoeyen, L’assassinat de Julien Lahaut. Une histoire de l’anticommunisme en Belgique, Anvers, Edition EPO, 1987 ; E. Gerard, W. De Ridder et F. Muller, Qui a tué Julien Lahaut ? Les ombres de la guerre froide en Belgique, Waterloo, Renaissance du livre, 2015.
  2. Le documentaire de Jean-Christophe Yu, Il y a trente ans, la grève ’60-61, édité en 1991, donnera d’ailleurs une large place au témoignage de Robert Dussart, lui offrant même l’intervention de conclusion. Le documentaire sera réédité en DVD en 2001 et en 2010 (voir détails dans l’épilogue du livre).
  3. Fédération provinciale du syndicat des Métallurgistes Wallonie-Bruxelles. (NDLR)
  4. Peut-être s’agit-il d’une référence à Une histoire populaire américaine d’Howard Zinn, lui-même suivi par Gérard Noiriel (Une histoire populaire de la France), bien que l’étendue du sujet soit beaucoup plus modeste.
  5. Jean Puissant, « Une génération syndicale 1930-1960 ? », in La mémoire de la grande grève de l’hiver 1960-1961 en Belgique, Éditions Le Cri, Bruxelles, 2011, p.109
  6. R. Hemmerijckx, Van Verzet tot koude Oorlog, 1940-1949. Machtsstrijd om het ABVV, Brussel, VUBpress, 2003.
  7. Les effectifs de la cellule communiste aux ACEC passent de 109 membres en 1960 à 200 membres en 1962 et jusqu’à 242 en 1965, démontrant l’importance du contexte dans le ralliement de nouveaux membres à celle-ci, et notamment l’impact de la grève de l’hiver 1960-1961 dans laquelle les communistes ont joué un rôle de premier plan aux ACEC.
  8. F. Bolle, La mise en place du syndicalisme contemporain et des relations sociales nouvelles en Belgique (1910-1937), sous la direction de Serge Jaumain, ULB, 2013-2014.
  9. Lorsque des dissensions syndicales y sont parfois (mais rarement) évoquées, elles sont la plupart du temps attribuées soit à l’intervention d’éléments extérieurs au mouvement syndical, soit à la survivance de pratiques particularistes et autonomistes anciennes, condamnées à disparaître progressivement.
  10. Julien Lahaut est partisan d’un syndicalisme combatif, partisan d’une forte autonomie des organisations vis-à-vis des centrales et attaché à l’affirmation du pouvoir des travailleurs dans l’entreprise. S’il s’affilie en 1923 au PCB, le parti déplore néanmoins longtemps, dans ses rapports internes, l’indiscipline latente de Julien Lahaut et de ses compagnons qui ne se plient guère aux consignes du parti.
  11. Une notice de Léon Lesoil – axé sur son rôle au sein de l’International communiste (IC) – est disponible dans le « dictionnaire du Komintern » sur le site du Maitron, rédigée par José Gotovitch. Une notice du dictionnaire « Belgique » est actuellement en cours de rédaction où il sera notamment question de son activité en tant que militant de premier plan de la Fédération des chevaliers du travail, une fédération minière dissidente de Charleroi.
  12. Voir p. 218-219. En 1978, Robert Dussart se portera candidat à la présidence de la FGTB – c’est la première fois qu’un sénateur PCB se porte candidat à un tel poste – mais il sera largement battu, remportant à peine 130 voix contre 454 pour René Tollet, secrétaire général de la CGSP-cheminots (p. 281-283).
  13. M. Dreyfus, C. Pennetier, N. Viet-Depaule (sous la dir. de), op. cit., p. 13.

Francine BOLLE

Francine Bolle est historienne et maître de conférences à l'Université libre de Bruxelles. Elle est coordinatrice de l'Institut Marcel Liebman et collaboratrice scientifique au Centre d'histoire et de sociologie des gauches.


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