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Politique Actu N°112
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Les nécessaires reconfigurations décoloniales du champ de l’antiracisme

Khadija SENHADJI

Loin d’être neutres, les modalités du confinement pour lutter contre le Covid-19 et les contrôles effectués pour en assurer le respect ont rappelé avec acuité le poids des inégalités raciales structurelles dans l’espace public autant que privé. C’est d’ailleurs sur la problématique raciale que la première manifestation post-confinement est organisée le 7 juin dernier. Nous avons demandé à Khadija Senhadji, militante antiraciste, quel regard décolonial porter sur cette pandémie.

Le temps de la pandémie a mis à nu les ressorts d’une biopolitique1 et ses effets directs et indirects sur la vie et, partant, la mort des populations. Si l’axe générationnel s’est vu particulièrement affecté à travers la gestion calamiteuse du virus dans le secteur des maisons de repos, d’autres fractures sociales déjà béantes ont été révélées au grand jour en particulier sur l’axe racial. Dans la phase de déconfinement, des mobilisations de grande ampleur sont venues souligner l’urgence de consolider l’approche décoloniale dans la lutte contre le racisme, forçant une reconfiguration inédite des cadres classiques de l’antiracisme.

Fissures dans l’approche universaliste

Reprenons le fil des événements depuis le mois de mars. D’abord présenté comme un agent infectieux qui toucherait de manière indifférenciée les corps humains, le Covid-19 est rapidement apparu comme un puissant révélateur des inégalités préexistantes. Dans les quartiers dits « populaires », au cœur des espaces de vie principalement investis par les populations issues des immigrations post-coloniales tels que le croissant pauvre à Bruxelles2, les expériences subjectives ont très vite pointé les indices d’une surexposition de ces populations au risque d’infection et de mort qui s’ensuit. Une série d’études3 sont venues confirmer ces observations montrant comment de nombreux facteurs de vulnérabilité face au virus portent une importante charge raciale4. Comorbidité, pollution environnementale, habitats exigus et surpeuplés, autant de variables qui affectent dans une mesure spécifique la condition des populations non-blanches et les surexposent au risque de la pandémie. À cela s’ajoute une présence plus massive de ces dernières dans les secteurs en activité durant le confinement, signe d’une dimension de racialisation de l’économie5. Pour cette main-d’œuvre, souvent déclassée professionnellement et socialement, bien que subitement présentée comme indispensable, le lieu de travail est devenu synonyme de risque majeur d’infection, voire de mort comme en témoigne le cas de Mohamed Nahi, employé chez Colruyt qui a succombé au virus s’étant vu refuser le port d’un masque et de gants pour ne pas faire fuir la clientèle6.

Le confinement a aussi eu pour corollaire des mesures sécuritaires qui se sont avérées particulièrement sévères dans ces quartiers « populaires ». Sur base d’une analyse menée dans douze pays européens incluant la Belgique7, Amnesty International a confirmé les pratiques de profilage ethnique (contrôles d’identité abusifs, mesures de mise en quarantaine forcée, contraventions) par la police. La portée de ces pratiques est loin de se limiter à la période du confinement ; elle s’inscrit au contraire dans un mode de gestion structurel de l’espace public qui criminalise dans leur essence les hommes maghrébins et noirs. Le meurtre du jeune Adil Charrot à Cureghem le 10 avril vient ainsi rallonger la longue liste des morts causées par la brutalité policière depuis une trentaine d’années, de Saïd Charki à Mehdi Bouda en passant par Lamine Bangoura, et dont le compte est loin d’être terminé.

Au regard de ces éléments capitaux, le temps de la pandémie aurait dû amener une prise de conscience collective de la place centrale de la race dans la structuration des rapports sociaux, affectant la possibilité même d’existence des personnes non-blanches. Force est pourtant de constater que la confrontation avec la réalité du virus n’aura pas suffi à fissurer l’insensibilité blanche à laquelle la question raciale se voit habituellement condamnée, sous couvert d’universalisme. Il aura fallu attendre que les images abjectes d’un meurtre policier négrophobe inondent nos écrans depuis les États-Unis pour qu’un début de tressaillement ait lieu, aidé en cela par la montée en puissance des dignités noires et musulmanes, qui esquisse les contours d’une puissance politique nouvelle. À la faveur de ce mouvement, la question raciale semble indubitablement ouvrir la séquence du « monde d’après » que d’aucuns ont appelé de leurs vœux durant le confinement. Il est donc temps que l’on s’y attarde.

Tensions coloniales permanentes au cœur de la métropole

La dynamique autour des revendications nées de la douleur récurrente des meurtres policiers, qui rythment de manière implacable la vie des quartiers « populaires » depuis plusieurs décennies, a rapidement débordé sur des enjeux plus larges ancrés dans la nécessité – devenue urgence – de rétablir une vérité historique en levant la chape de plomb qui pèse lourdement sur le passé-présent colonial belge.

« I can’t breathe ». Ces trois mots, désormais associés à la longue agonie de George Floyd, portent tout le poids de la violence raciale et coloniale qui a littéralement écrasé et asphyxié des générations entières à travers le monde. Pendant trop longtemps leur cri a été étouffé, rendu imperceptible, presque inaudible. Partout dans le Nord global, la mémoire du crime colonial s’est faite oubli, la généalogie de l’arrogance impériale s’est vue enfouie sous les tréfonds d’une histoire racontée comme une glorieuse et implacable marche du progrès. Le 30 juin 1960, lorsque le chapitre formel de la colonisation belge au Congo se referme, aucun processus de déconstruction de la propagande coloniale ne s’est enclenché. Léopold II est demeuré aux yeux du plus grand nombre le « Roi bâtisseur » célébré dans de nombreuses artères de la puissance coloniale qu’il a érigée. En a résulté de la part de la société dominante blanche une indifférence sourde et persistante aux effets déshumanisants d’un monde prétendument sans races. De la colonie à la post-colonie, les conséquences de la colonialité du pouvoir sont pourtant restées intactes. En affirmant que « la discrimination raciale est endémique dans les institutions en Belgique », le Groupe d’experts sur les personnes d’ascendance africaine ne s’y est pas trompé8. Il entendait désigner en ces termes la dimension de racialisation profondément ancrée dans le champ institutionnel belge.

Si l’imaginaire colonial lié au Congo est fondé sur l’idée que les Nègres seraient des êtres sauvages, prétexte à la mission civilisatrice, et corvéables jusqu’à la mort9, il s’est aujourd’hui recyclé dans tous les domaines de la vie sociale. La figure d’altérité sauvage est d’ailleurs entretenue jusqu’à nos jours dans de multiples traditions folkloriques recourant à l’usage du blackface, du Sauvage d’Ath à Zwarte Piet. Ces moments folkloriques sont essentiels à prendre en compte en ce qu’ils procèdent à la refondation symbolique et rituelle du racisme négrophobe qui inscrit les Noirs tout au bas de l’échelle de l’humanité et de l’échelle sociale. L’historicité de ces processus de racialisation permet par exemple de mieux appréhender la fonction attribuée sur le marché du travail aux Noirs, aux côtés d’autres groupes comme les Maghrébins, par-delà les approches purement quantitatives et statistiques. Derniers de corvée pour une grande partie d’entre eux, ils s’avèrent ne pas être de simples travailleurs pouvant prétendre évoluer à la faveur de leurs compétences dans les circuits supposément fluides du marché du travail. Ils remplissent au contraire une fonction très spécifique de réservoir de ressources physiques auquel sont réservées toute une série d’activités logistiques et de soins qui permettent de sécuriser les conditions de vie et de prospérité de la société dominante pendant que les leurs se dégradent. La séquence de la pandémie a, à cet égard, été une démonstration magistrale de la manière dont cette force de travail perd en espérance de vie en se heurtant frontalement au risque sanitaire, pour en faire gagner aux classes moyennes et supérieures essentiellement blanches qui ont le privilège de s’en protéger.

Afin de saisir le racisme contemporain, il est essentiel de comprendre comment l’antagonisme colonial qui opère entre métropole et colonie se rejoue selon des modalités spécifiques à l’ère post-coloniale au cœur même de la métropole, à travers la désignation de corps illégitimes de la nation. Noirs, musulmans, Rroms, sans-papiers, autant de figures d’altérité trouvant leur ancrage dans l’histoire longue de la modernité occidentale. Comme l’explique Anibal Quijano, la construction des races comme rapport social de domination commence bien avant les colonisations formelles, au moment de la conquête des Amériques et de la prise de Grenade qui marque un tournant majeur dans l’affirmation suprématiste de la chrétienté face à l’islam en Europe : « La race est assurément l’instrument le plus efficace de domination sociale inventé ces 500 dernières années. Produite au tout début de la formation de l’Amérique et du capitalisme, dans le passage du XVe au XVIe siècle, elle fut imposée dans les siècles suivants à la population de toute la planète, dans le cadre de la domination coloniale de l’Europe »10. Au sein de la société belge qui n’a jamais procédé à une véritable décolonisation de ses structures symboliques et institutionnelles, la race continue de posséder une dimension performative extrêmement vivace. Dans cette perspective, l’enjeu ne consiste pas simplement à déboulonner les statues des bourreaux pour les abriter dans des musées, mais à engager sans fards l’indispensable processus de décolonisation afin d’ouvrir la voie aux réparations et à la réhabilitation symbolique et matérielle des populations indigénisées.

Mutations du racisme, reconfigurations décoloniales de l’antiracisme

Les mutations du racisme depuis le registre biologique vers celui de la culture et des valeurs ne sont pas tout à fait étrangères à la blessure narcissique profonde que représente le génocide nazi dans la conscience européenne. Comment une civilisation se définissant principalement par le progrès humain et technologique a-t-elle pu commettre une barbarie d’une telle ampleur ? Aimé Césaire, dans son fameux « Discours sur le colonialisme » esquisse les contours d’une réponse en montrant comment la colonisation, qui a certes déshumanisé le colonisé mais surtout décivilisé le colonisateur, est un prélude au nazisme. Si cette introspection eût été salutaire, elle a été mise de côté au profit d’un universalisme moral dépolitisé. Commandée par l’impératif de la bonne conscience, l’affirmation selon laquelle « tous les êtres humains naissent libres et égaux » s’est accompagnée de la position de surplomb humaniste qui, ne se pensant pas comme partie prenante de l’ordre racial, s’est donnée comme mission d’éduquer les esprits récalcitrants et régressistes. Pourtant, comme nous l’enseigne Frantz Fanon, « une société est raciste ou ne l’est pas »11. On n’échappe pas, sur base de la simple volonté individuelle, au racisme, idéologie qui imprègne le moindre interstice de la vie sociale. Croyant y échapper, on ne témoignerait en réalité que d’un aveuglement à la race, facilitant la perpétuation de la mécanique raciale au cœur des institutions qui sont les héritières de l’État colonial. Si les institutions imposent le principe de neutralité à leurs agents – se ménageant au passage le pouvoir discrétionnaire d’exclure sur cette base certains groupes –, elles ne sont, dans leur essence, absolument pas neutres puisque soumises aux forces politiques en présence à travers le principe des mandats politiques. La nomination avortée de Zakia Khattabi à la Cour constitutionnelle, composée d’une douzaine de juges exclusivement blancs, témoigne de la façon dont la reproduction raciale opère au sein des espaces institutionnels les plus sensibles. Il n’est dès lors pas étonnant de voir cette haute juridiction censée garantir le principe constitutionnel d’égalité des citoyens rendre un arrêt qui permet d’exclure les jeunes étudiantes voilées de l’enseignement supérieur12.

Si le racisme a muté, sans pour autant renoncer à ce qui l’anime, l’antiracisme officiel semble quant à lui être resté aveugle à ces évolutions continuant à prôner des stratégies inoffensives de pédagogie et de déconstruction des préjugés. Le traitement de la question du blackface révèle l’ampleur du retard accumulé en la matière. Alors que l’UNESCO a décidé de retirer le carnaval d’Alost de la liste du Patrimoine culturel immatériel en décembre 2019 au motif d’une incompatibilité avec « les répétitions récurrentes de représentations racistes et antisémites », les tenants de l’antiracisme d’État continuent de privilégier la discussion avec les groupes de défense de ces folklores pour ménager leur affect. Partant, ils accordent davantage d’attention au confort moral des Blancs qu’à la préservation des vies non-blanches directement menacées par ces représentations humiliantes. L’arsenal juridique sur lequel l’antiracisme institutionnel fonde toute son action accentue la dépolitisation des enjeux antiracistes, par une approche fondée sur les intentionnalités et sur le caractère conjoncturel des discriminations, indépendamment de toute considération systémique. C’est ainsi que le racisme anti-blanc en vient à être considéré comme une éventualité devant être prise avec autant de sérieux que toutes les autres formes de racisme. Cette démarche est proprement dangereuse en ce qu’elle ouvre la voie aux pires instrumentalisations de la lutte antiraciste, les « racisés » devenant potentiellement les racistes à combattre.

Depuis plusieurs semaines, l’élan de mobilisations antiracistes de grande ampleur qui traversent les frontières indique que le sens de l’histoire a commencé à tourner. La réalité de l’oppression raciale que l’on peine particulièrement à penser et mettre à jour de ce côté-ci de l’Atlantique, se matérialise soudainement en prenant le visage de dizaines de milliers d’âmes en lutte. Tout à coup, il devient indéniable que les races existent puisque, selon la formulation de Sadri Khiari, « elles luttent »13 ! À Bruxelles, les rassemblements du 7 juin et du 5 juillet sous les bannières respectives de « Black Lives Matter » et de « Hijabis Fight Back » feront assurément date. Bien loin des cortèges institutionnels de la manifestation antiraciste qui prend place annuellement aux alentours du 21 mars (date de la journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale), ces deux mobilisations organisées dans des délais record, témoignant de la nécessité vitale qui les animent, surprennent par leur caractère inédit. Ouvrant comme jamais auparavant la perspective d’une puissance politique nouvelle, incarnée par les dignités noires, musulmanes, non-blanches, ces mobilisations balaient tout à coup le point de vue surplombant du référentiel humaniste, progressiste, de gauche qui jusqu’alors avait grandement contribué à définir les termes légitimes de la lutte contre le racisme. Puisant dans des référentiels de lutte comme le Black Power ou le féminisme décolonial, l’une comme l’autre sont l’œuvre de personnes non-blanches qui se posent de manière historique en sujets politiques pour adresser les questions de la négrophobie et de l’islamophobie structurelles à partir de leurs expériences situées et matérielles. Ce mouvement, qui marque assurément un tournant, prend appui sur une solide toile militante tissée patiemment depuis une quinzaine d’années par une multitude d’acteurs et de collectifs du champ de l’antiracisme politique et décolonial, pendant que la société dominante blanche gardait invariablement le dos tourné.

Si pendant longtemps, la race n’a pu être énoncée qu’avec l’usage de guillemets précautionneux ou de qualificatifs tels que « prétendue race »14 censés en atténuer les effets, on observe subitement aujourd’hui une plus grande perméabilité des discours majoritaires à la terminologie issue du référentiel décolonial. « Racisme systémique », « populations racisées » ou encore « privilège blanc » : autant d’expressions qui semblent avoir traversé un certain nombre de barrières médiatiques et politiques, pourtant longtemps restées hermétiques à la question raciale. Cet engouement soudain a de quoi surprendre et questionner tant on connaît la dimension peu performative des discours sur le terrain institutionnel et moral de la lutte contre le racisme. Au-delà des visées rhétoriques, il va donc falloir aller au fond du débat, épuiser la question, lever les malentendus qui demeurent nombreux pour espérer consolider les rapports de force en faveur d’une lutte antiraciste effective et d’un véritable processus de décolonisation. À cet égard, l’antiracisme institutionnel n’a d’autre choix que celui de la réforme radicale afin d’intégrer dans son approche l’historicité des différentes formes de colonialité du pouvoir et de générer de véritables transformations sociales et politiques. À défaut, il court le risque majeur d’un investissement de ses dispositifs par le Vlaams Belang, dont la volonté d’intégrer le conseil d’administration d’Unia pourrait se concrétiser prochainement. Avec près de 28 % d’intentions de vote15, le parti d’extrême droite poursuit son irrésistible ascension et agit par capillarité sur l’ensemble du spectre politique blanc, soumis à des velléités sécuritaires toujours plus grandes, doublées de stratégies de criminalisation comme le montrent les propos récents de Pieter De Crem qui n’hésite plus à qualifier les plaintes contre la police de « contre-stratégies de groupes criminels »16.

À l’heure où les monstres de Gramsci semblent bel et bien avoir quitté les confins du clair-obscur pour s’afficher au grand jour, le chapitre du « monde d’après » ne pourra être que décolonial ou il ne sera pas. Est-ce que le champ de l’antiracisme institutionnel saura saisir l’occasion historique qui lui est offerte par les acteurs de l’antiracisme politique ?

(Illustration de la vignette et dans l’article sous CC-BY 2.0 ; photo réalisée par Socialist Appeal à Londres le 6 juin 2020.)

  1. M. Foucault est à l’origine du concept de « biopolitique » qui désigne une forme moderne de pouvoir intégrant les considérations biologiques et ayant une fonction régulatrice de la vie collective et individuelle.
  2. Les quartiers du « croissant pauvre » de Bruxelles (du bas de Saint-Gilles à Saint-Josse, en passant par l’ouest) sont les territoires les plus pauvres de la ville (NDLR).
  3. Notamment une étude co-réalisée par l’Université d’Oxford (OpenSAFELY, Factors associated with Covid-19-related hospital death in the linked electronis health records of 17 million adult NHS patients, Londres, Mai 2020) ou encore une analyse de l’Insee (S. Papon et I. Robert-Bobée, Une hausse des décès deux fois plus forte pour les personnes nées à l’étranger que pour celles nées en France en mars-avril 2020, Juillet 2020).
  4. Cf. l’article de Perrine Humblet dans le numéro spécial papier (P. Humblet, « Inégalités sociales de santé : tout a changé ? », Politique, n°112, juillet 2020, p.99-104).
  5. Le Monitoring socio-économique indique notamment une surreprésentation des hommes d’origine maghrébine dans les secteurs du transport (visible par exemple dans les services de la Stib en Région bruxelloise), du commerce ou du nettoyage ainsi qu’une présence plus massive des femmes afrodescendantes dans les activités médico-sociales, particulièrement sollicitées dans la lutte contre la pandémie (SPF Emploi, Travail et Concertation sociale/Unia, Monitoring socio-économique. Marché du travail et origine 2019, Bruxelles, Mars 2020).
  6. « La famille d’un employé victime du Covid-19 porte plainte contre Colruyt », La Libre, 25 juin 2020.
  7. Amnesty International, Policing the pandemic. Human rights violations in the enforcement of Covid-19 measures in Europe, Juin 2020.
  8. Haut-Commissariat des Droits de l’Homme aux Nations Unies, Déclaration aux médias du Groupe de travail d’experts des Nations Unies sur les personnes d’ascendance africaine sur les conclusions de sa visite officielle en Belgique du 4 au 11 février 2019, Bruxelles, 11 février 2019.
  9. Le travail forcé basé sur l’extraction de ressources comme le caoutchouc et l’ivoire a constitué le mode d’exploitation dominant au Congo, générant mutilations et massacres et faisant des millions de morts (voir parmi les sources récentes l’ouvrage de M. Wiltz, « Il pleut des mains sur le Congo », Editions Magellan et Cie, Paris, 2015).
  10. A. Quijano, « « Race » et colonialité du pouvoir », Mouvements, 2007/3 (n°51), pp.111-118.
  11. Voir la conférence de F. Fanon « Racisme et Culture » dont le texte est disponible dans le n° 165-166 de la revue Présence africaine (2002/1-2, pp. 77 à 84).
  12. Arrêt n°81/2020 du 4 juin 2020.
  13. S. Khiari développe le paradigme de « lutte des races sociales » dans son ouvrage « La contre-révolution coloniale en France. De De Gaulle à Sarkozy » (Editions La Fabrique, Paris, 2009).
  14. Le Centre interfédéral Unia utilise systématiquement l’expression « prétendue race », reprise dans la législation anti-discrimination de 2008, pour qualifier la dimension raciale des discriminations.
  15. Sondage IPSOS pour Le Soir, RTL-TVI, VTM (juin 2020).
  16. Le Soir, Pieter De Crem : « Les plaintes contre la police constituent une contre-stratégie de groupes criminels, 18 juin 2020.

Khadija SENHADJI

Khadija Senhadji est socio-anthropologue et militante antiraciste décoloniale.


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