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Le camp de Greenham Common : 19 ans d’une occupation anti-nucléaire et féministe

Camille WERNAERS

Durant 19 ans, des femmes ont occupé un camp devant la base militaire de Greenham Common, en Angleterre, pour protester contre les armes nucléaires. Plongeons dans les petites et grandes histoires de cette occupation de presque deux décennies.

Depuis 2013, le 26 septembre est la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires, instaurée par l’ONU. Aujourd’hui, il reste environ 13 080 armes nucléaires dans le monde,selon les estimations de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, ce qui signifie que plus de la moitié de la population mondiale vit dans des pays qui possèdent de telles armes ou font partie d’alliances nucléaires. Pour rappel, le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (1968) a été signé par un grand nombre de pays,dont la Belgique en 1975.

Pendant longtemps, la présence d’armes nucléaires sur le sol belge a été un secret de polichinelle : « La présence de ces armes sur le sol belge est sans doute le secret d’État le moins bien gardé du pays. Mais la réaction du gouvernement et de la Défense est toujours la même : on ne confirme pas et on n’infirme pas non plus1 », écrivait la RTBF en 2019, alors qu’un rapport de l’Otan confirmait la présence d’ogives nucléaires B61 dans la base militaire de Kleine-Brogel, dans le Limbourg.

La Belgique a par ailleurs refusé de signer le Traité d’interdiction des armes nucléaires qui est entré en vigueur au début de l’année 2021. Selon ce Traité, les armes nucléaires sont illégales au regard du droit international. Et cette décision s’inscrit dans un climat international de plus en plus tendu. En 2019, faute d’accord, les États-Unis et la Russie se retirent du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI). Au même moment, l’administration Trump bouleverse sa doctrine atomique et concentre sa production sur des « bombes nucléaires à faible rendement ». La Coordination nationale d’action pour la paix et la démocratie (CNAPD) note d’ailleurs que ces nouvelles armes, d’autant plus inquiétantes qu’elles sont présentées comme plus « légères », pourraient être stockées en Belgique.

« On voit que les tensions internationales sont à leur comble et que les armes nucléaires prennent toujours plus de place dans les stratégies militaires. Il y a des études universitaires qui font des scénarios de guerre nucléaire, par exemple une guerre limitée entre le Pakistan et l’Inde, et ces études montrent que les conséquences environnementales seraient évidemment catastrophiques, mais elles seraient aussi mondiales et elles perdureraient pour des décennies entières2 », analysait d’ailleurs récemment Samuel Legros, porte-parole de la CNAPD, sur La Première. « La Belgique abrite depuis 1963 une vingtaine d’armes nucléaires des États-Unis sur son sol en toute illégalité, puisque la Belgique n’est normalement pas censée le faire au regard du Traité de non-prolifération auquel la Belgique est partie. Et ces armes vont bientôt être remplacées, entre 2022 et 2024, par des bombes plus petites et plus facilement déployables », poursuivait-il.

Un rêve de femmes

Dans cette lutte contre l’armement nucléaire, les femmes ont longtemps été en première ligne. « Fin du nucléaire : un rêve de femmes ? » titrait, joliment, le magazine Axelle en 2019, en soulignant que des femmes « tirent la sonnette d’alarme » à ce sujet depuis des dizaines d’années. Il faut dire qu’un mouvement entier du féminisme réagit face à la Guerre froide et au risque de destruction totale de la vie sur Terre à cause d’une guerre nucléaire  : les écoféminismes3, qui se placent à l’intersection des principaux systèmes de domination, en liant l’oppression de la planète par les êtres humains et l’oppression des femmes par les hommes. Les mêmes logiques d’appropriation et d’exploitation sont à l’œuvre, des terres jusqu’aux corps féminins et racisés, disent les écoféministes.

Les années 1980 furent particulièrement sombres. Outre la prolifération et l’« amélioration » des armes nucléaires, « la récession s’était emparée des pays occidentaux, avec un taux de chômage élevé et l’explosion des déficits nationaux. Pluies acides, déforestation massive, diminution de la couche d’ozone, extinction d’espèces animales, déchets industriels, marées noires étaient devenus monnaie courante. Avec le rapport du Club de Rome et la crise pétrolière du début des années 1970, penser que progrès consumériste et politique keynésienne sauveraient l’humanité n’avait plus de sens. Et voilà qu’on percevait déjà les signes avant-coureurs de terribles famines4 », remémore Benedikte Zitouni, chercheuse en sociologie belge spécialiste de l’écoféminisme. « Ainsi naquit l’écoféminisme, entouré de ces menaces, de cette peur et à cause d’elles, afin de résister à la fin du monde et de mettre en marche un changement de civilisation qui, pour ces femmes, signifiait concrètement qu’il fallait travailler l’état d’esprit c’est-à-dire l’étoffe psycho-affective et ainsi changer les manières de résister », continue-t-elle.

Le 3 mai 1975, l’écoféministe Françoise d’Eaubonne, accompagnée par d’autres militant·es, attaque à l’explosif le lieu de construction de la future centrale nucléaire de Fessenheim, en France. L’attaque ne fait aucune victime et retarde le chantier de plusieurs mois. Dans les années 1980, aux États-Unis, les écoféministes sont de toutes les manifestations contre la nucléarisation de leur pays. Les 16 et 17 novembre 1980 a lieu la « Wowen Pentagon’s Action » à Washington. Des milliers de femmes encerclent le Pentagone (le quartier de la défense américain), chantent et dansent.

Starhawk, célèbre autrice écoféministe américaine5, fait partie de ces manifestations, elle qui se revendique sorcière 6. Les rituels des nouvelles sorcières, comme la danse et le chant, qu’elles utilisent d’abord devant les centrales nucléaires, sont non seulement des actions politiques collectives mais mobilisent les émotions et la raison, le corps et l’esprit, trop souvent opposé·es les un·es aux autres.

Les chants, la danse et d’autres actions collectives joyeuses font partie de ces nouvelles manières de résister. Une expérience de résistance face à la présence d’armes nucléaires en Europe est restée célèbre – mais paradoxalement relativement méconnue – dans l’histoire des femmes et celle des luttes : Greenham Common.

Un camp de femmes pour la paix

Le 5 septembre 1981, un groupe de 36 personnes, surtout composé de femmes, se lance dans un défilé pour la paix depuis Cardiff, au Pays de Galles, jusqu’à la base de la Royal Air Force, située à Greenham Common, en Angleterre. En femmage7 aux suffragettes 8, ces militantes féministes anglaises pour le droit de vote des femmes au début du XXe siècle, les militantes portent les couleurs mauve et blanc. Certaines d’entre elles s’enchaînent aux grilles de la base militaire. Deux ans auparavant, en 1979, l’Otan a autorisé le stockage de missiles de croisière nucléaires étasuniens dans des bases militaires en Europe. Greenham Common doit être la première base à accueillir plus d’une centaine d’ogives. Les militantes protestent contre cette décision et demandent un débat public à la télévision à ce sujet… qui ne leur sera pas accordé. En réaction, elles refusent de quitter les lieux. C’est le début de l’occupation et la création du camp de femmes pour la paix à Greenham Common, alors que des sympathisant·es arrivent sur place pour les soutenir.

Au moment de sa création, le camp est encore mixte. Très vite, la non-mixité est instaurée et dès 1982, des milliers de femmes se relaient pour occuper les lieux, d’autres y vivent en permanence, dont des aînées de plus de 80 ans. Le camp est divisé en 9 sous-camps, chaque camp portant le nom d’une couleur spécifique et ayant un rôle bien défini. Le camp jaune par exemple est chargé d’accueillir les nouvelles arrivées et de gérer les relations avec les médias, qui ne sont pas des plus aisées. De nombreux stéréotypes sont propagés par les journalistes : « Généralement, les manifestantes sont présentées comme des mères altruistes se battant pour la paix ou, le plus souvent (notamment dans les tabloïds), comme des lesbiennes phallocrates au comportement agressif, qui étalent leur sexualité et vivent aux frais de l’État. L’aspect non conventionnel de la vie dans un camp de protestation (et notamment dans un camp exclusivement féminin avec une importante population lesbienne) fait émerger des stéréotypes et des idées normatives sur le foyer, la féminité et l’hétérosexualité. La peur et l’angoisse, réponses classiques au séparatisme, mais qui prennent cette fois-ci au Royaume-Uni une ampleur inédite, naissent de la confrontation à ces récits et à ces images de femmes organisées politiquement et vivant à l’écart des hommes. Même des groupes de sympathisant.e.s pour la paix comme Campaign for Nuclear Disarmament (« Campagne pour le désarmement nucléaire ») se montrent partagés sur cette question, certains membres dénonçant publiquement la politique d’exclusivité féminine 9 », observe l’autrice Anna Feigenbaum sur le site d’informations ritimo. Les militantes décident de ne répondre qu’aux journalistes féminines.

Actions pacifiques, réactions violentes

L’occupation des lieux est une activité militante en elle-même mais d’autres actions sont organisées, comme lorsqu’elles démontent plus de 5 km de clôture en étant déguisées en sorcières lors d’une action à Halloween. En 1983, les premiers missiles arrivent sur la base, ce qui entraine une action massive qui fait connaître le camp dans le monde entier : la formation d’une chaine humaine de milliers de personnes sur plus de 14 km, « Embrace the base ». Lors de l’action « Dancing on the silos », 44 femmes dansent pendant des heures sur le silo dans lequel se trouvaient les têtes nucléaires. Ces actions se produisant sur une base militaires, les confrontations avec les soldats sont fréquentes. « Les femmes étaient tour à tour régulièrement agressées sexuellement, traînées hors de nos tentes dans le froid de la nuit. La vie était vraiment difficile. La ténacité des femmes qui vivaient là était admirable », se souvient l’une d’entre elles dans un article du Guardian10. « L’une des choses dont je me souviens le plus, à part la boue, c’est que la disposition de la base aérienne représentait clairement le fonctionnement du pouvoir. Les militaires américains étaient au centre, puis les soldats britanniques et enfin la police. À l’extérieur, il y avait un groupe de femmes qui arrachaient périodiquement la clôture qui les entourait. On pouvait violer cet espace masculin et on ne partait pas. Une amie est venue avec son petit garçon qui a tout de suite voulu avoir une arme et devenir un soldat. Nous avons ri et discuté, tout en étant bien conscientes des contradictions de ce que nous faisions […]. Greenham a créé un monde alternatif de femmes inarrêtables. Il a changé des vies », continue-t-elle.

« La première fois que je suis allée au camp, c’était avec d’autres femmes de Norwich. Après cela, j’ai continué à y aller pour les week-ends. Nous arrivions et nous nous faisions arrêter, ce que ne pouvaient pas faire les femmes qui devaient s’occuper du camp pendant la semaine. J’étais là pour Embrace the Base. Mais les gens oublient que s’il y a suffisamment d’inquiétude publique et que vous êtes pacifiques, vous pouvez créer un changement », explique une autre militante, Angie Zelter, au journal anglais. « Nous apprenions des tactiques au fur et à mesure. Un jour, je suis entrée dans une zone de haute sécurité, et un jeune soldat américain me frappait avec son fusil tout en disant dans sa radio : ‘Je lui ai donné les trois avertissements, dois-je l’abattre ?’. Je me suis assise et j’ai dit : ‘Ne t’inquiète pas, je ne vais rien faire. Prends ton temps.’ On devient fortes après ça. »

« J’ai passé quatre jours au camp de Greenham Common en octobre 1983. En tant que survivante de la bombe atomique d’Hiroshima, j’avais participé à des campagnes antinucléaires au Japon et je voulais voir ce qui se passait en Europe », témoigne quant à elle Hiroko Hatakeyama dans le même article. « J’ai fait le tour des tentes et j’ai parlé à d’autres femmes de mes expériences en tant que survivante de la bombe atomique. J’ai aussi beaucoup appris d’elles. Elles m’ont ouvert les yeux sur d’autres causes […]. Elles m’ont fait réfléchir sérieusement à la nécessité d’autonomiser les femmes sur le plan économique. Je crois qu’il y a un lien entre ce que les femmes de Greenham ont fait et les récentes marches des femmes dans le monde. Cela m’a fait chaud au cœur de me retrouver parmi tant de femmes du monde entier, avec un dévouement inébranlable à leur cause. Je ne parlais pas anglais, mais cela n’avait pas d’importance. »

En décembre 1987, le président américain Ronald Reagan et le président russe Mikhaïl Gorbatchev signent le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, un traité qui mène à la fin des missiles nucléaires de croisière. En août 1989, les premiers missiles quittent la base de Greenham Common. S’il ne reste plus aucun missile sur la base à partir de 1991, le camp de Greenham perdurera jusqu’en 2000, année du démantèlement définitif du camp après 19 ans ( !) d’existence. Même à la suite du retrait des missiles nucléaires de la base, les militantes continuent à protester sur place contre le programme militaire britannique Trident, du nom de ce missile mer-sol balistique stratégique armé d’ogives nucléaires et lancé à partir d’un sous-marin nucléaire. Certaines d’entre elles auront donc occupé le camp pendant plus d’une décennie, comme Sarah Hipperson. Arrivée au camp en 1983, elle sera l’une des quatre dernières femmes à le quitter, 17 ans plus tard.

Pour la postérité

L’expérience de Greenham Common (même si elles ne sont pas les premières à utiliser ce procédé) inspirera de nombreuses autres occupations, à la même période les camps anti-nucléaires et féministes de Pine Gap en Australie ou encore devant la base de l’Otan de Comiso, en Sicile. Aux États-Unis également, commence une campagne de protestation symétrique contre les livraisons de missiles nucléaires à l’Europe avec la création du Women’s Encampment for a Future of Peace and Justice (WEFPJ), le Camp de femmes pour un futur de paix et de justice qui s’implante à Seneca Falls, en mémoire de la toute première convention pour les droits des femmes tenue en juillet 1848, et à proximité du dépôt d’armes de Seneca, au nord de New York. À l’été 1983, 12 000 femmes du monde entier s’y rassemblent. Les manifestations, campements de protestation et actions de désobéissance civile se multiplient tout au long des années 1980, et un mouvement de protestation féministe, anti-guerre et anti-nucléaire est assurée jusqu’à 2006 à cet endroit.

Bien plus tard, on retrouve la même stratégie d’occupation de certains lieux, en 2011 par exemple, avec le mouvement Occupy, notamment Occupy Wall Street, et les autres mouvements d’occupation urbaine en Égypte ou en Grèce. Et puis, évidemment, les Zad, les zones à défendre : «  Ces dernières décennies, les pratiques protestataires d’occupation se sont diversifiées tant dans les modes de faire que dans les significations qui leur sont associées. Aux occupations d’usines, avant tout destinées à maintenir l’outil de travail et, pour la frange la plus militante, à élargir des bases syndicales ou à éveiller une conscience de classe ; à celles portées par des groupes sociaux en situation de précarité, centrées sur des revendications de droits, qui investissent des lieux pour donner une visibilité à leur cause, autant que pour y trouver des moyens de subsistance ; à l’investissement de grands espaces publics permettant le rassemblement de populations bigarrées et nombreuses ; à ces occupations, donc, s’en ajoutent d’autres, en nombre croissant désormais, frontalement centrées sur des lieux qui sont l’enjeu même de la mobilisation, telles que les « zones à défendre » (ZAD). Ces occupations visent à protéger des espaces perçus comme incommensurables et menacés par une intervention publique ou privée, dérobés à des populations qui en perdent l’usage, accaparés par une puissance exotopique qui tente d’y asseoir sa souveraineté et ses valeurs. Occuper, dans ces cas-là, c’est protester contre le sort réservé à ces lieux, valoriser leurs richesses, en montrer les vertus, faire éprouver, ressentir et partager ce que signifie y vivre ou y travailler ; c’est encore expérimenter des alternatives11 », écrivent Stéphanie Dechezelles et Maurice Olive.

En Belgique, c’est l’occupation de l’Église du Béguinage par plusieurs centaines de personnes sans-papiers qui a récemment fait les gros titres de la presse. « Un camp de protestation recèle forcément un potentiel chaotique, une énergie populaire. C’est une expérience qui nous rappelle que la mise en pratique de notre imagination peut accoucher de nouveaux mondes », conclut Anna Feigenbaum. C’est l’un des multiples enseignements qu’il nous reste des luttes des femmes de Greenham Common. Pour la postérité.

(Image de la vignette et dans l’article sous CC BY-NC-ND 2.0 ; photographie de manifestantes à Greenham Common en 1983, prise par John Perivolaris.)

  1. M. Scholze, « Un rapport des parlementaires de l’OTAN confirme la présence d’armes nucléaires en Belgique », RTBF.be, juillet 2019.
  2. J.C., « Bombes nucléaires américaines stockées à Kleine-Brogel : « La Belgique est dans la totale illégalité »  », RTBF.be, septembre 2021.
  3. C. Wernaers, « Aux racines de l’écoféminisme », Politique.be, décembre 2020.
  4. B. Zitouni, « Contre la destruction de la planète. L’écoféminisme dans les années 1980 en Grande-Bretagne et aux États-Unis », Travail, genre et société, n°42, 2019, p. 49-69, trad. Hélène Windish.
  5. C. Wernaers, « Starhawk et les nouvelles sorcières », Axelle, n°202, octobre 2017 p. 24-27.
  6. La figure de la sorcière amorce une lente réhabilitation, aidée par les féministes qui rappellent que ce sont les femmes les plus pauvres et celles qui dérangeaient l’ordre établi qui ont été les victimes de la chasse aux sorcières.
  7. Le féminin d’hommage, NDLR.
  8. « Le poids et le choix des mots  » préambule à B. Bijon et C. Delahaye (éd.), Suffragistes et suffragettes. La conquête du droit de vote des femmes au Royaume-Uni et aux États-Unis, Lyon, ENS Éditions, 2017.
  9. A. Feigenbaum, « Le camp pour la paix exclusivement féminin de Greenham Common  », Ritimo, février 2018.
  10. S. Moore, H. Khaleeli, M. Sarner, L. Harper, J. McCurry, « How the ​Greenham Common protest changed lives : ‘We danced on top of the nuclear silos’  », The Guardian, mars 2017.
  11. S. Dechezelles et M. Olive, « Les mouvements d’occupation : agir, protester, critiquer  », Politix, n°117, 2017, p. 7-34.

Camille WERNAERS

Journaliste féministe


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