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Entretien. Rafael Correa, ancien président équatorien

Si vous pensez l’avoir croisé au détour d’une banlieue bruxelloise, ôtez-vous de tout doute : c’était probablement lui. Économiste formé à l’UCLouvain, l’ancien président équatorien Rafael Correa vit depuis près de dix ans en exil en Belgique, qui lui a accordé l’asile en 2022. Cette figure phare du tournant à gauche de l’Amérique latine, au début du siècle, est sous le coup d’une soixantaine d’accusations dans son pays d’origine, qu’il dénonce comme des persécutions politiques. Il y demeure néanmoins toujours actif, face à ce qu’il perçoit comme le démantèlement de l’héritage de sa « révolution citoyenne » menée de 2007 à 2017.

Ce témoin de premier plan de la bascule d’une époque livre son analyse de la transformation profonde de l’Équateur et de l’inquiétante trajectoire d’un sous-continent passé du laboratoire de la gauche à celui de l’extrême droite.

POLITIQUE Peu de personnes le savent, mais vous vivez en Belgique depuis dix ans maintenant. Vous y avez également étudié et rencontré la mère de vos enfants. On imagine que notre pays a une place particulière dans votre cœur.

RAFAEL CORREA Je suis triplement reconnaissant envers la Belgique, qui est sans aucun doute ma seconde patrie. Comme vous l’avez dit, j’en fais un peu partie par mes attaches familiales. C’est aussi la générosité du pays en termes d’octroi de bourses qui m’a permis d’y étudier. Enfin, elle m’a protégé des persécutions du gouvernement équatorien en m’accueillant sur son sol. Voilà en effet quatre ans que j’y suis officiellement réfugié politique.

Vous restez néanmoins actif politiquement dans votre pays d’origine…

… Contre ma volonté ! Mon projet était réellement de me retirer de la politique après l’élection de mon ancien vice-président, Lenín Moreno, en 2017. Mais il a renié le programme sur lequel il a été élu dans à peu près tous les domaines et les persécutions qu’il a initiées contre moi m’ont forcé à me consacrer à ma défense. Tous les matins, je me réveillais avec de nouvelles accusations, qui sont désormais au nombre de soixante, c’est-à-dire plus que Pinochet, El Chapo et Al Capone réunis ! Le plus piquant est de voir que Moreno lui-même est aujourd’hui condamné, suite aux révélations de l’affaire des INA Papers1…

 En Amérique latine, l’information a toujours été ultra-dominée par les médias privés. 

Plusieurs des politiques menées sous vos mandats ont été modifiées ou abandonnées par vos successeurs. Comment jugez-vous l’évolution du pays depuis 2017 ?

Je n’ai jamais vu une destruction aussi rapide et profonde en temps de paix que celle de mon pays. Prenons le cas du réseau électrique, dont la capacité a pratiquement doublé sous mon mandat, au point de passer d’une situation de dépendance au statut d’exportateur net. Désormais, nous réimportons de l’électricité et connaissons des pénuries. Il en va de même pour la sécurité. Nous avons divisé le taux d’homicides par trois, en faisant du pays l’un des plus sûrs du continent. Aujourd’hui, ce taux a explosé à un niveau record. Ils étaient obsédés par la volonté de détruire le « corréisme ». Ils n’y sont pas parvenus, mais ils ont détruit le pays.

Une partie de vos réformes avait été inscrite dans la Constitution de 2008. Comment expliquez-vous qu’elles aient pu être remises en cause ?

Le problème principal de l’Amérique latine, ce sont les structures de pouvoir. Pourquoi l’Amérique latine a-t-elle subi deux siècles de sous-développement ? Parce que tout était orienté vers la satisfaction des privilèges des classes supérieures – pas pour le plus grand nombre – et de celle des intérêts géopolitiques des États-Unis. Sous notre gouvernement, le pouvoir était pour la première fois représentatif de la majorité de la population. À partir de Moreno et de ses successeurs, il est revenu dans le giron d’élites n’ayant que faire du bien commun.

Par ailleurs, la question du pouvoir est intimement liée à celle du contrôle des médias. Vous ne le comprenez pas forcément depuis l’Europe, car, chez vous, les médias ont commencé avec les chaînes publiques. Or, il n’y avait pas de télévision publique en Équateur avant mon premier mandat ! Chez nous, comme ailleurs en Amérique latine, l’information a toujours été ultra-dominée par les médias privés, à la solde des élites, jusqu’à aujourd’hui. Ils ne l’utilisent pas pour informer, mais pour manipuler et protéger leurs intérêts. C’est pourquoi les partis de gauche sont non seulement en confrontation avec ceux de droite, mais également avec les médias à leur service.

Votre parti est très actif sur les réseaux sociaux. Le terrain numérique permet-il, selon vous, de contrebalancer le poids des médias traditionnels ?

La compétition y est en tout cas plus équilibrée. Mais on voit que, là aussi, les dés sont pipés, comme en atteste la récente affaire Fernando Cerimedo, ce criminel d’extrême droite qui influença les élections2 à travers des milliers de faux comptes. C’est difficile de lutter contre ça, mais au moins, il y a un accès au public plus facile qu’à travers les grands médias.

Si on consulte le site du mouvement Révolution citoyenne, on voit que votre portrait accompagne systématiquement celui de la cheffe de l’opposition, Luisa Gonzáles3. Cela pose la question du « culte du chef » dont la gauche, de Chavez au Venezuela à Morales en Bolivie, a du mal à se départir. N’y a-t-il pas un danger à ce qu’une seule figure incarne le mouvement ?

On essaye de susciter l’émergence de nouveaux leaders, mais ce n’est pas quelque chose qui se décrète. Si on est utile, notre devoir est de rester. Angela Merkel est demeurée seize ans au pouvoir sans jamais avoir été traitée de dictatrice. De même, Franklin D. Roosevelt a exercé quatre mandats et est considéré comme l’un des meilleurs présidents étatsuniens… Personne ne doit être irremplaçable, mais certain·es sont très nécessaires. L’alternance est désirable, mais ce qui est fondamental, c’est d’avoir un bon gouvernement.

La « marée rose » à laquelle vous avez participé en Amérique latine, aux côtés de Hugo Chavez, Pepe Mujica, Evo Morales ou encore Luiz Lula da Silva, a souvent été associée au « populisme de gauche », tel que théorisé par Laclau et Mouffe. Vous reconnaissez-vous dans ce terme ?

Laclau et Mouffe ne considèrent pas que le populisme soit quelque chose de mauvais. Il s’agit simplement d’une façon de communiquer avec le peuple. Comment améliorer la rente des agriculteurs et agricultrices, et augmenter le pouvoir d’achat des travailleurs et travailleuses sans que l’un n’affecte l’autre ? La question centrale est de trouver un récit commun pour rassembler les exploité·es par-delà leurs intérêts contradictoires. C’est très différent d’être démagogue et de faire des promesses qu’on ne peut pas tenir.

Mon gouvernement, par exemple, a été le plus technique de l’histoire du pays. Mais comme nous appliquions une politique hétérodoxe, nous étions qualifiés de « populistes ».

En 2021, la gauche a perdu face au candidat conservateur Guillermo Lasso, car le parti écologiste et indigéniste Pachakutik a refusé de se rallier au candidat « corréiste » Andrès Arauz lors du second tour de l’élection. Ce divorce, fondé notamment sur les divergences de vues quant à l’exploitation des ressources, n’est-il pas le grand échec de votre présidence ?

D’abord, les indigènes, qui représentent 7 % de la population, ne forment pas un vote unique. Ensuite, être indigène ne veut pas dire être de gauche. La raison d’être d’un parti, c’est l’idéologie ou le groupe social, pas l’ethnie, ce qui est déjà une inconsistance fondamentale de Pachakutik. D’ailleurs, aux élections de 2024, le parti s’est divisé, et une frange issue de l’Amazonie a pactisé avec la pire extrême droite de l’actuel président, Daniel Noboa.

Il est illusoire de penser que l’on pourrait sortir de deux cents ans de sous-développement sans toucher aux ressources naturelles.

En ce qui me concerne, j’ai toujours gagné dans les territoires indigènes. Ce qui est vrai en revanche, c’est qu’une partie de leurs dirigeants nous détestent, car ils ont perdu des privilèges. Suite à la nouvelle Constitution de 2008, qui reconnaissait pourtant l’Équateur comme État plurinational et marquait des avancées sans précédent pour les indigènes, nous avons, entre autres, supprimé le sous-secrétariat aux Affaires indiennes. Il s’agissait d’une institution très corrompue et clientéliste, et l’éducation bilingue dont elle avait la charge était un désastre.

Pour en revenir à l’élection de 2021, le leader Yaku Pérez, qui a en effet appelé au vote nul au second tour en arguant : « Je préfère un banquier à une dictature corréiste ! », n’avait pas tant d’influence que ça chez les indigènes. Son discours résonnait davantage auprès d’une certaine classe moyenne urbaine, qu’en Europe, on pourrait identifier aux écologistes.

Précisément, ne s’agit-il pas du vieux clivage opposant productivistes et écologistes ? On pense évidemment à votre initiative Yasuní-ITT, consistant à laisser environ 846 millions de barils de pétrole sous terre dans le parc naturel du Yasuní4, en échange d’une compensation internationale d’une partie des revenus auxquels l’Équateur renonçait, qui a échoué face au refus des pays industrialisés…

Ce ne sont pas les pays pauvres qui ont détruit la planète, mais les pays riches. Il y a par conséquent une responsabilité de leur part, et il était conforme à l’esprit de l’accord de Kyoto5 d’attendre une compensation pour les 400 millions de tonnes de CO₂ que nous aurions rejetées si nous exploitions pleinement les ressources de Yasuní. Nous étions prêts à collaborer par souci écologique, en renonçant à la moitié de nos bénéfices potentiels, mais le monde n’a pas voulu l’entendre. Choisir d’exploiter une partie du parc, même si c’était avec toutes les précautions nécessaires, a été l’une des décisions les plus dures de mon mandat. Mais il faut comprendre que nous avions un besoin impérieux de devises, notamment pour combattre la pauvreté. Il est illusoire de penser que l’on pourrait sortir de deux cents ans de sous-développement sans toucher aux ressources naturelles.

Les attaques que nous avons subies de la part des écologistes et indigènes étaient néanmoins injustes, voire primaires. On ne peut pas voir l’être humain comme un problème en soi pour la nature. Cette vision du monde est particulièrement pénible venant de certains Occidentaux, qui considèrent que l’écologie, c’est partir en vacances en Amazonie et faire des photos des communautés indigènes, puis revenir confortablement chez eux. Mais une famille indienne qui vit à même le sol dans une cabane sans électricité, sans services médicaux et sans école à proximité, ce n’est pas du folklore : c’est de la misère.

Nous avions un principe : utiliser l’extractivisme pour sortir de l’extractivisme. Ainsi, on développe des alternatives productives de nature à éviter la destruction de la forêt.

Mais les tensions entre ces deux objectifs louables que sont le développement permettant de réduire la pauvreté et la défense de l’environnement semblent inévitables…

C’est un faux dilemme. Si je devais choisir, je préfèrerais combattre la pauvreté, mais il n’y a pas de rapport d’exclusion entre les deux. Il y a beaucoup de mythes à ce sujet. Par exemple, en Équateur, le principal problème n’est pas l’exploitation pétrolière, mais l’augmentation de la surface agricole et d’élevage. Pour empêcher cela, il faut donner d’autres perspectives. Et pour cela, il faut des ressources, que le pétrole peut nous prodiguer. Lorsque j’étais au pouvoir, nous avions un principe : utiliser l’extractivisme pour sortir de l’extractivisme. Ainsi, on développe des alternatives productives de nature à éviter la destruction de la forêt, à travers l’économie de la connaissance, les services techniques, l’industrie culturelle, etc.

Venons-en aux bouleversements politiques en cours en Amérique latine. Vous avez été l’une des figures majeures de « l’âge d’or » des progressistes dans la région. Cette période semble loin, puisque la droite, et de plus en plus souvent l’extrême droite, a le vent en poupe. Comment analysez-vous ce bouleversement ?

Je ne serais pas aussi pessimiste. Avant la fin du consensus de Washington6, la gauche n’existait pas. Nous n’avions droit qu’à des duels de la droite contre la droite, notamment en Équateur. Il n’y a pas si longtemps, les cinq principales économies de l’Amérique latine (Mexique, Brésil, Colombie, Argentine et Chili) étaient à gauche, ce qui était inédit. Le système présidentiel est un miroir déformant, mais la gauche est encore forte, même là où elle a été officiellement battue dans les urnes, comme au Pérou et en Colombie, où ça s’est joué à 50-50. Au Brésil, qui est de loin le pays le plus important d’Amérique latine, Lula peut l’emporter contre le fils Bolsonaro.

Nous nous sommes laissés voler des concepts qui n’appartiennent pas à la droite, à commencer par la liberté.

Reste que la droite se radicalise, d’une part à travers un discours libertarien surfant sur le rejet de l’État, comme Javier Milei en Argentine, de l’autre avec un discours ultra-sécuritaire de type Nayib Bukele au Salvador…

Estimez-vous que la gauche a sa part de responsabilité dans cette lame de fond ?

Il faut savoir reconnaître une faute majeure de la gauche : nous nous sommes laissés voler des concepts qui n’appartiennent pas à la droite, à commencer par la liberté. Pour eux, la liberté c’est de ne pas intervenir dans les relations sociales. Mais pour nous, cela signifie ne pas être dominé. Et pour ce faire, on se doit d’intervenir dans l’éducation, la santé, etc. On doit donc ici contester le narratif dominant. Il en va de même pour le marché. Ce n’est pas un phénomène associé à une idéologie, mais à la modernité et au développement de l’économie et de la spécialisation. Il faut donc dominer le marché, mais pas le nier. La gauche a aussi beaucoup de scrupules à parler d’ordre et de sécurité, qui sont pourtant nécessaires. Une partie de la gauche a également orienté son discours sur la conquête de droits, qui sont importants, mais qui n’intéressent qu’une petite partie de la population…

C’est un discours qu’on entend aussi chez nous, selon lequel la gauche dite « woke » aurait abandonné les questions sociales…

Encore une fois, je n’ai pas de problèmes à défendre de nouveaux droits d’inspiration « postmoderne », comme le mariage homosexuel, mais l’on parle de pays dans lesquels nous n’avons pas encore résolu des problèmes datant du XIXe siècle… Dans de tels contextes, avoir un travail, un bon salaire, la sécurité, l’éducation des enfants, etc. sont les principales préoccupations. Pour moi, c’est pour ça que Boric a échoué et que la candidate de son parti, Jeannette Jara, a perdu au Chili⁷ face à un véritable nazi.

En regardant l’Amérique latine, est-ce qu’il y a des choses que vous pensez que vous auriez dû faire différemment, vous et les autres leaders de la « vague rose » ?

Je crois qu’on a fait de notre mieux, mais que la restauration conservatrice était très difficile à éviter au vu du changement de la conjoncture du commerce mondial. Mais s’il y a bien une chose que l’on a sous-estimée, c’est l’importance d’une information libre dans une société réellement démocratique. Encore une fois, si l’on ne prend pas au sérieux l’affirmation « qui domine l’information domine le monde », c’est qu’on n’a rien compris. Il faut faire quelque chose contre le contrôle oligarchique des médias. Dans l’Union européenne, vous avez banni deux chaînes russes pour des motifs de sécurité. Or, chez nous, les médias latinos cherchent chaque jour à déstabiliser les gouvernements démocratiques susceptibles de déplaire à leurs propriétaires… La liberté de la presse doit être défendue, mais pas le droit au mensonge. « La démocratie ne peut pas vivre sans la vérité », disait déjà en 1988 Jean-François Revel, qui est pourtant un libéral de droite. La vérité devrait être érigée en principe constitutionnel.

Vous étiez il y a quelques jours au Mexique avec Gustavo Petro, qui était encore président de la Colombie il y a un mois. Quelles sont les perspectives pour les forces de gauche latinas pour les prochaines années ?

Un beau projet serait de relancer l’Unasur⁸, ce projet d’intégration régional lancé sous l’impulsion de Chavez et détricoté par la droite. Ce sera très difficile, car il est plus facile de détruire que de construire. Mais rien ne sera possible sans récupérer le pouvoir politique public. Quand Montesquieu a parlé de séparation des pouvoirs, il a oublié que la plus importante est celle entre le public et le privé. En Amérique latine, le second a toujours contrôlé le premier. Il faut consolider un pouvoir populaire fort pour contester les grands intérêts qui empêchent toute réelle souveraineté.

Les mouvements sociaux n’ont-ils pas également un rôle à jouer pour rééquilibrer la balance face à l’oligarchie ?

Ils sont utiles pour défendre des droits, mais pas pour en conquérir. L’essentiel est de construire un mouvement populaire pour gagner les élections et agir pour le bien commun. Mais ce n’est pas toujours clair pour une partie de la gauche qui pense qu’être démocrate, c’est renoncer au pouvoir. Si la droite nous a appris quelque chose, c’est que quand on a le pouvoir, il faut s’en servir sans scrupules. Quand celui-ci est dispersé, ce n’est pas le pluralisme, mais l’immobilisme.

Les États-Unis ont évidemment une responsabilité première, mais en continuant à les suivre aveuglément, les Européens contribuent à valider la loi du plus fort.

Un mot, pour terminer, sur le délitement du droit international à l’échelle globale ?

C’est un changement d’époque. Avant, il y avait un ordre mondial avec des règles que les puissants brisaient selon leur bon vouloir. Mais aujourd’hui, il n’y a même plus de règles. Cela s’appelle la barbarie. C’est une marche en arrière de la civilisation, que l’on ne pensait pas possible après les expériences fascistes. Les institutions multilatérales sont presque défaites, à commencer par les Nations unies.

Les États-Unis ont évidemment une responsabilité première, mais en continuant à les suivre aveuglément, les Européens contribuent à valider la loi du plus fort. Se soumettre à l’administration Trump a été une terrible erreur, que vous allez regretter. Il en va de même pour les doubles standards permanents. Les droits humains sont systématiquement invoqués pour critiquer la gauche en Amérique latine, mais pas pour suspendre les relations d’Israël, qui commet un génocide.

Pensez-vous que la solution doit venir des pays du « Sud global » ?

Non, tout simplement parce qu’ils n’ont pas le pouvoir de contrer cette tendance. La montée en puissance des BRICS peut rééquilibrer quelque peu la balance à court terme, mais je crois beaucoup plus à un sursaut moral de la part des citoyen·nes des pays développés. À cet égard, il faudra suivre avec attention les résultats de l’aile gauche du parti démocrate aux États-Unis aux élections de mi-mandat. Mais j’ai beaucoup plus d’espoir dans la société européenne, qui est structurellement plus sensible aux questions sociales et écologiques. Elle doit pouvoir prendre un leadership mondial en la matière.

Propos recueillis par Anaïs De Munck et Gregory Mauzé.