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Isabelle STENGERS

Ses articles

Pour une “autre science” capable de cultiver des savoirs pertinents

Isabelle STENGERS

On a assez reproché aux académiques d’occuper une tour d’ivoire. Ils sont en train d’en être déchu, à toute allure, et dure est la chute. Rattrapées par une mise au pas de tout ce qui n’est pas directement rentable et compétitif, les enceintes prestigieuses de l’université font aujourd’hui l’amère expérience de ce à quoi la majorité d’entre nous sont exposés : précarisation massive des statuts, évaluations constantes des moindres faits et gestes, financements de plus en plus restreints et conditionnés, obligations sans cesse croissantes de productivité. Bienvenue dans le monde du marché. Isabelle Stengers, philosophe des sciences, voit venir le coup depuis un petit temps déjà. Elle fournit des armes conceptuelles qui tout à la fois permettent de comprendre ce qui nous arrive et d’apprendre à y résister. Politique l’a rencontrée pour débattre de ces questions.

Politique n°80 26-04-2013

De l’idéologie à la comptabilité

Isabelle STENGERS

En avril 1997 paraissait le premier numéro de POLITI QUE. Nous étions – encore ou déjà – plongés dans la tourmente d’une réforme de l’État à épisodes. Tout un chacun s’interrogeait – encore ou déjà – sur l’avenir de la Belgique. À cette occasion, nous avions sollicité l’avis de Jean Stengers (1922-2002), figure de proue d’une école historique que d’aucuns ont pu juger « bruxello-belgicaine ». Au même moment s’élaborent pourtant d’autres récits, notamment en Wallonie, qui s’appuient sur une autre grille de lecture. À presque quinze années de distance, alors que la Belgique met en chantier sa septième réforme de l’État, nous avons pris le parti de faire dialoguer à travers le temps et l’espace l’historien de l’ULB avec un historien wallon qui, il y a quinze ans, publiait son opus sur l’identité wallonne : Philippe Destatte (1954), actuel directeur de l’Institut Jules Destrée.

Politique n°73 6-01-2012

Les métallos ont raison de se méfier

Isabelle STENGERS

Dans son « Point » de décembre dernier, consacré au capitalisme vert, Henri Goldman écrit que « la prise de conscience écologique semble parfaitement soluble dans le capitalisme ». En l’occurrence, un capitalisme qui va prendre en charge l’utilisation des financements publics destinés à aider la Terre à se conformer à l’interdit qui lui a été solennellement signifié à Copenhague : elle ne peut se réchauffer de plus de 2 degrés.

Politique n°63 1-02-2010